« Protéger les enfants du spectacle » : un référent désormais imposé sur les tournages
Tournage cinéma référent enfant

Une mesure phare parmi les 86 recommandations de la commission parlementaire sur les violences dans le monde de la culture entre officiellement en application. À compter du 1er avril 2025, la présence d’un « responsable des enfants » est devenue obligatoire sur tous les tournages impliquant des mineurs de moins de 16 ans dans le secteur audiovisuel. Cette disposition, née à l’issue de six mois d’enquête parlementaire impulsée par Judith Godrèche, vise à prévenir les abus et garantir un meilleur encadrement des jeunes artistes.

Un encadrement renforcé pour les mineurs sur les plateaux

Concrètement, tout projet de série, téléfilm, documentaire ou programme de divertissement mobilisant des enfants doit désormais s’entourer d’un professionnel qualifié chargé de veiller au bien-être physique, émotionnel et scolaire des mineurs présents. La règle concerne les moins de 16 ans, pour qui ce référent est désormais requis, mais reste recommandée pour les adolescents entre 16 et 18 ans.

Le rôle de ce « responsable des enfants » ne se limite pas à un accompagnement administratif. Il ou elle devra être attentif à toute situation de mal-être, à la gestion des horaires ou à l’environnement de travail du mineur. Pour les castings, une présence adulte est aussi requise pour les candidats de moins de 16 ans, qu’il s’agisse d’un parent ou d’un représentant légal. Lors des ultimes étapes de sélection, le référent est conseillé pour assurer un cadre sain et sécurisé.

Une réponse directe aux dérives du milieu culturel

L’instauration de ce poste répond à une urgence identifiée dans le rapport final de la commission d’enquête parlementaire remis en avril 2025. Ce travail, déclenché par l’intervention publique de l’actrice Judith Godrèche en 2023, a permis de documenter des décennies de silences et d’atteintes sur des enfants du spectacle. Il en résulte un ensemble de propositions, dont celle-ci, qui vise à mieux encadrer les jeunes au sein d’un environnement professionnel parfois à risque.

Un deuxième accord, complémentaire, entrera en vigueur dès le 1er mai. Il porte sur la prévention des violences sexistes et sexuelles dans la production audiovisuelle. Il prévoit notamment la possibilité, à la demande des artistes, de faire appel à un coordinateur d’intimité sur les scènes sensibles. Ces deux textes ont été signés par les principales organisations d’employeurs (SATEV, SPI, USPA) ainsi que les syndicats représentatifs comme la CGT, la CFDT et le SNTPCT. Ensemble, ils marquent un tournant dans la régulation du secteur.

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