Roland-Garros fait de la résistance : Djokovic dénonce le refus du tournoi d’adopter l’arbitrage électronique
Roland-Garros fait de la résistance : Djokovic dénonce le refus du tournoi d’adopter l’arbitrage électronique

Alors que la majorité des tournois de tennis majeurs ont adopté les technologies d’arbitrage électronique pour juger les lignes, Roland-Garros reste l’un des derniers bastions à s’en remettre exclusivement aux juges de ligne humains. Une décision que critique ouvertement Novak Djokovic, 24 fois vainqueur en Grand Chelem, qui estime que la technologie permettrait des décisions plus précises et un déroulement plus fluide des matchs.

« Je comprends qu’on veuille préserver une certaine tradition, mais si je devais choisir, je suis plutôt en faveur de la technologie », a déclaré le Serbe de 38 ans, qui débutera sa campagne à Paris ce mardi. Pour lui, l’arbitrage électronique est « plus précis, fait gagner du temps et réduit le nombre de personnes sur le court ». Une position partagée par une majorité de joueurs du circuit.

Le tournoi parisien, qui se déroule sur terre battue jusqu’au 8 juin, est désormais en décalage avec les autres Grands Chelems. Wimbledon, pourtant réputé pour son attachement à la tradition, abandonne les juges de ligne cette année. L’Open d’Australie et l’US Open ont déjà adopté l’arbitrage entièrement automatisé depuis 2021. Quant aux circuits WTA et ATP, ils ont introduit cette saison la technologie sur les tournois joués sur terre battue, la même surface qu’à Roland-Garros.

Mais la Fédération française de tennis campe sur ses positions. Son président, Gilles Moretton, affirme ne voir aucune raison de changer : « Sauf si les joueurs venaient unanimement exiger des machines, nous pensons que ce style d’arbitrage a encore un bel avenir. » Il vante par ailleurs la qualité des officiels français.

Chez les joueuses, Coco Gauff, 21 ans et lauréate de l’US Open 2023, estime qu’il serait logique d’utiliser la technologie disponible. D’autres, comme Stefanos Tsitsipas, voient dans l’arbitrage humain sur terre battue un charme particulier. « C’est ce qui rend la terre spéciale : on peut revoir la trace de la balle. Même si l’arbitrage électronique est l’avenir, je n’ai rien contre l’œil humain sur cette surface », confie-t-il.

Les polémiques sur les décisions arbitrales ne manquent pourtant pas. Certains joueurs, frustrés par un point litigieux, n’hésitent pas à prendre leur téléphone pour photographier la marque de la balle, dans l’espoir de prouver leur bon droit. Aryna Sabalenka, Alexander Zverev ou encore Sergiy Stakhovsky l’ont déjà fait à Paris, parfois en plein match.

Pour Tommy Paul, demi-finaliste à Melbourne en 2023, le constat est sans appel : « Les juges de ligne font parfois des erreurs. L’arbitrage automatique en fera probablement moins. » Reste à voir si la pression des joueurs finira par faire plier Roland-Garros, ou si le tournoi continuera de défendre son attachement au jugement humain, envers et contre tout.

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