Roland Garros : des mercenaires en tribunes ?
Roland Garros : des mercenaires en tribunes ?

Les tee-shirts ocre « Merci Rafa » distribués dimanche sur le court Philippe-Chatrier n’ont pas eu le temps de sécher qu’ils valaient déjà une petite fortune en ligne. Vite détournés en marchandises de luxe, ces tee-shirts collectors s’arrachent jusqu’à 510 € sur Vinted et 300 € sur Le Bon Coin, au grand dam de Roland-Garros et de la Fédération Française de Tennis.

Un marché parallèle lucratif

Plus de 10 000 spectateurs ont reçu ces maillots, symboles d’une ferveur jamais vue pour célébrer les 14 titres de Nadal Porte d’Auteuil. Mais l’unicité de l’événement a créé un effet « chasse au trésor » : dès la fin de l’hommage, des dizaines d’annonces fleurissaient, certains revendeurs multipliant leur mise par dix. À grands renforts de photos en situation, ils jouent sur la rareté et l’émotion pour gonfler les prix. Les collectionneurs, nostalgiques de l’ère Nadal, sont prêts à débourser des sommes folles pour garder une pièce de cet instant historique.

La FFT monte au créneau

Gilles Moretton n’a pas caché son exaspération auprès de nos confrères de l’AFP : « Que des gens profitent de l’occasion pour essayer de se faire de l’argent, je trouve ça déplorable ». Il rappelle qu’il n’était pas question de récupérer les tee-shirts à la sortie — la logistique l’aurait rendu impopulaire — mais plaide pour une prise de conscience collective : au-delà du t-shirt, c’est l’esprit du sport et de la fête qui se voit violé. Roland-Garros étudie désormais des pistes pour limiter ce type de spéculation — marquage invisible, QR code d’authentification ou tirage au sort pour l’attribution des goodies. Face à cette spéculation outrancière, le monde du tennis s’interroge : comment célébrer ses héros sans transformer le public en bête de foire marchande ? Le prochain défi pour la FFT sera de concilier passion des fans et respect de l’esprit sportif.

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