Elles volent en masse, bourdonnent comme un moteur et se posent parfois sur les façades, les arbres ou même les cheminées. En Occitanie, depuis quelques jours, les abeilles s’adonnent à un phénomène spectaculaire mais parfaitement naturel : l’essaimage. Le printemps, les fleurs, les températures qui grimpent… et voilà que des milliers d’insectes quittent leur ruche pour fonder un nouveau foyer. Un ballet aérien qui impressionne, mais qui ne doit pas inquiéter. « C’est un signe de bonne santé des colonies », explique Jean-Paul Hergott, président du syndicat apicole de l’Aude. À mesure que les jours rallongent, les reines pondent davantage, les ouvrières s’activent, et la ruche se retrouve vite à l’étroit. Une partie de l’essaim, menée par l’ancienne reine, s’envole alors pour coloniser un nouvel espace, laissant place à une jeune souveraine et à une colonie en expansion.
Un départ orchestré et pacifique
Mais ce « déménagement » ne se fait pas au hasard. Il faut du soleil, au moins 20 degrés, et un moment de calme en milieu de journée. Les abeilles partent en grappe dans le ciel, parfois à quelques mètres au-dessus des maisons, dans un nuage impressionnant. Pourtant, elles ne sont pas agressives. « C’est très visuel et sonore, mais elles ne piquent pas, elles ne protègent plus de miel à ce moment-là », rassure l’apiculteur amateur. Après quelques minutes de vol, elles s’agglutinent temporairement sur un support en attendant que les éclaireuses trouvent l’endroit idéal : un tronc creux, une cavité, un coin abrité. En attendant, mieux vaut ne pas tenter de s’en débarrasser soi-même. Des cartes interactives permettent de contacter des apiculteurs proches, qui viendront récupérer les essaims en toute sécurité. Un spectacle aussi furtif que fascinant, qui rappelle qu’avant d’être en danger, les abeilles sont d’abord… des aventurières.