L’ex-entraîneur de Verrières-le-Buisson face à la justice pour agressions sexuelles
L’ex-entraîneur de Verrières-le-Buisson face à la justice pour agressions sexuelles

Il se voulait bienveillant, il est aujourd’hui accusé d’agressions sexuelles par plusieurs anciens jeunes joueurs de foot. Patrick M., 65 ans, ancien coach de l’équipe benjamin de Verrières-le-Buisson, a comparu ce mercredi 28 mai devant le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes. Le procureur a requis cinq ans d’emprisonnement, dont 30 mois avec sursis probatoire. Le jugement est attendu le 25 juin.

Une emprise tissée sur des années

Derrière un vernis de respectabilité, l’homme, à la retraite depuis 2016, est soupçonné d’avoir instauré sur quinze ans un climat malsain, mêlant proximité physique, gestes ambigus et rituels troublants, souvent en marge de son rôle d’éducateur. Des massages « intégraux », des gommages nus dans des baignoires, des baisers appuyés sur les fesses : les récits concordent, et les lieux varient — du vestiaire de Verrières-le-Buisson aux salles de bain de Tignes, Nice ou encore l’Espagne, où l’homme emmenait parfois les jeunes en vacances. À la barre, Patrick M. a partiellement reconnu les faits, sans jamais en accepter la portée sexuelle. « Il n’y avait aucune excitation, aucun plaisir », s’est-il défendu. Face à des témoignages évoquant des attouchements sur les parties intimes, il a botté en touche : « C’est possible que j’aie effleuré sans faire exprès… mais jamais volontairement. » Pourtant, un plaignant, hébergé par Patrick M. à 18 ans, a décrit une intrusion dans sa douche et des gestes non équivoques, suivis d’une nuit imposée dans le lit du coach. Un autre affirme avoir été contraint à un gommage lors d’un cours de maths, avant qu’une fellation ne soit esquissée. 

Un jugement très attendu

Dans ces récits, c’est la sidération, la peur, la confusion, qui dominent. Et chez le prévenu, l’aveuglement — réel ou feint. Longtemps considéré comme un « second père », Patrick M. est aujourd’hui confronté à l’onde de choc laissée dans le sillage de ses actes. L’une des plaintes, déposée en 2015, avait été classée sans suite. Il a fallu attendre 2022 et une nouvelle accusation pour que l’affaire prenne un nouveau tournant judiciaire. Malgré des regrets tardifs exprimés en fin d’audience, le prévenu persiste à nier l’intentionnalité sexuelle des gestes. Son avocat a soulevé la prescription de certains faits. Mais pour les victimes, le mal est fait — irréversible. Le tribunal rendra sa décision dans un mois.

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