La compagnie aérienne low cost Volotea est dans la tourmente après avoir été accusée d’avoir appliqué illégalement la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), directement sur les cartes bancaires de ses passagers. Une enquête a été ouverte. L’affaire est prise très au sérieux par les autorités. Alertée par le syndicat des Entreprises du Voyage (EDV), la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ouvert une instruction après avoir constaté que Volotea aurait prélevé la TSBA sans y être autorisée. Selon les EDV, la compagnie a appliqué cette taxe sans base légale et sans transparence, en s’en servant directement sur les moyens de paiement des clients. La présidente de l’EDV, Valérie Boned, dénonce une infraction claire aux règles en vigueur : « Il y a des pratiques contestables mais légales, et il y a ce qui relève purement de l’illégalité. C’est le cas ici », a-t-elle déclaré. Si les faits sont avérés, Volotea pourrait être contrainte de rembourser les sommes indûment perçues, et s’exposer à des sanctions financières, voire à une surveillance renforcée de ses pratiques commerciales.
Un flou réglementaire qui pénalise aussi les Outre-mer
En parallèle, le dossier met en lumière une autre impasse : la réduction promise de cette taxe pour les liaisons vers la Corse et les DROM est toujours en attente. L’État français n’a pas encore sollicité l’autorisation de l’Union européenne pour activer cette dérogation, laissant les agences de voyages ultramarines dans le flou. Dans les Antilles, à La Réunion, en Guyane ou encore en Martinique, le ras-le-bol monte. Les professionnels du secteur dénoncent une inertie administrative aux conséquences économiques concrètes, notamment en matière de compétitivité. Selon eux, cette taxe pénalise à la fois les passagers locaux et les compagnies aériennes desservant ces territoires déjà éloignés du continent. Cette affaire Volotea n’est pas isolée. D’après TourMag, d’autres compagnies, comme Air France et Transavia, ont été pointées du doigt pour des comportements similaires, prélevant des taxes avant même leur adoption officielle. Un contournement des règles qui souligne l’urgence d’une régulation plus stricte du secteur aérien. Pour les consommateurs, la question est simple : peut-on encore avoir confiance dans les tarifs affichés par les compagnies aériennes ? La réponse, elle, dépendra en grande partie de la façon dont les autorités traiteront ce dossier.