Des papiers en règle, obtenus dans l’illégalité la plus totale. À Béziers, une fonctionnaire de la sous-préfecture est soupçonnée d’avoir vendu des titres de séjour à des narcotrafiquants marocains. Montant estimé de l’opération : 400 000 euros. Une affaire explosive qui mêle corruption, réseau criminel et compromission de l’administration.
Des documents officiels… frauduleusement délivrés
Ils étaient une quarantaine à obtenir des titres de séjour parfaitement authentiques, mais délivrés sans aucune base légale. Leurs noms figuraient dans les bases officielles, leurs papiers étaient valides, mais ils avaient simplement été achetés, en moyenne pour 10 000 euros pièce, entre 2022 et 2023. À l’origine de ce système : une agente administrative passée par la sous-préfecture de Béziers, mutée depuis à Carcassonne. C’est elle qui aurait édité et validé les documents. Elle a été interpellée le 31 mars et placée en garde à vue. Un de ses supérieurs hiérarchiques est lui aussi entendu, soupçonné de négligence.
Un signal venu du Maroc
L’alerte est venue de Rabat. Les autorités marocaines signalent des allées et venues suspectes entre le royaume et la Haute-Garonne. Les enquêteurs français remontent la piste : des narcotrafiquants sont arrêtés, en possession de titres de séjour en bonne et due forme. L’affaire prend alors une tout autre ampleur. Derrière les documents, un réseau bien organisé, soupçonné de corruption active et passive, d’aide au séjour irrégulier en bande organisée, de blanchiment et de falsification administrative. L’enquête, menée par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants de Toulouse, est toujours en cours sous la houlette du parquet de Béziers. Un communiqué officiel doit en préciser les suites dans les prochains jours.