Le projet d’extraction de tungstène dans l’Ariège vient de franchir une étape clé. Le gouvernement a publié au Journal officiel un avis de mise en concurrence concernant la demande de permis de recherches minières déposée par la société Néometal. Celle-ci vise à relancer une activité sur un périmètre de 101 km², couvrant quatre communes : Aulus-les-Bains, Couflens, Auzat et Ustou. Ce jalon administratif ouvre désormais une période de trente jours durant laquelle d’autres porteurs de projet peuvent faire valoir leur intérêt. Passé ce délai, si aucun concurrent ne se manifeste, Néometal pourra poursuivre la procédure d’instruction du permis exclusif de recherche minière (PERM), un sésame indispensable pour mener des prospections sur place.
Un minerai stratégique, des opinions profondément divisées
Le tungstène, indispensable à l’industrie de l’armement et à de nombreuses applications industrielles, est aujourd’hui importé à 100 % par l’Europe, essentiellement de Chine. Pour ses défenseurs, ce projet d’exploitation à Salau est donc une opportunité de souveraineté stratégique. L’ancien salarié Jacques Soucasse s’en indigne : « Pourquoi importer quand on peut l’extraire ici, en Ariège ? ». Mais les opposants ne désarment pas. Le collectif Stop Mine Salau, actif depuis dix ans, alerte sur les risques environnementaux, notamment liés à la présence d’amiante dans les déchets miniers. Jacques Renoud, maire adjoint de Couflens et co-président du collectif, relativise aussi les promesses économiques : « Les mines sont aujourd’hui très automatisées. Ce ne sont pas des centaines d’emplois qui verront le jour ». Entre intérêt industriel national et inquiétudes locales, le projet divise toujours autant dans ce territoire rural, jadis marqué par l’exploitation minière dans les années 1970-1980. Pour l’heure, la décision de l’État n’est pas prise, mais le débat, lui, est relancé.