« Tuer Anita, c’était pas volontaire » : la nouvelle version de l’accusé sur la mort de sa compagne brûlée vive
« Tuer Anita, c’était pas volontaire » : la nouvelle version de l’accusé sur la mort de sa compagne brûlée vive

Devant la cour d’assises de la Moselle, Maroof Easakhail a livré une quatrième version des faits. Jugé pour avoir mis le feu à son appartement en juin 2022, causant la mort d’Anita Gashi, sa compagne enceinte, il affirme cette fois que l’incendie était un projet commun destiné à toucher l’assurance. Elle, dit-il, devait se réfugier dans la salle de bains pendant qu’il s’échappait par la fenêtre. Mais elle aurait mal compris, ou il se serait trompé. Brûlée dans la chambre de leur fils, Anita sera extraite de l’appartement grâce à l’intervention des voisins et des pompiers. Elle succombera à ses blessures un mois plus tard. L’accusé, de nationalité afghane, avait fui les talibans et rencontré Anita, originaire du Kosovo, dans un foyer. Leur histoire, entamée en 2018, se termine dans les flammes, au 2 rue du Nivernais, à Metz-Borny.

Un couple sans histoires, vraiment ?

Pour lui, la relation n’avait pas de problèmes majeurs. Mais les témoignages contredisent ce tableau idylique. Une sœur d’Anita évoque des violences, des tensions, et une volonté de séparer que la jeune femme lui aurait confiée. L’accusé nie. L’enquête, elle, reste floue sur le mobile. La piste d’une escroquerie à l’assurance soulève de nombreuses questions : pourquoi une femme enceinte de cinq mois, seule à l’intérieur, aurait-elle accepté de prendre un tel risque ? D’autant qu’aucun bien de valeur ne se trouvait dans le logement. Après le drame, l’attitude distante de Maroof Easakhail trouble. Pas d’émotion visible, pas de panique. Dissociation ou froideur coupable ? La psychologue qui l’a expertisé peine à trancher. Elle note l’absence de remords clairs, mais aussi des larmes qu’elle ne juge ni feintes ni surjouées. Face à la cour, l’homme s’accroche à sa dernière version. Le verdict est attendu ce vendredi soir.

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