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Dès 2027, les objets vendus dans l’Union européenne pourraient être dotés d’un passeport numérique, un dispositif destiné à améliorer la traçabilité, le recyclage et l’information des consommateurs. Ce projet, inscrit dans le Règlement européen pour l’écoconception des produits durables (ESPR), vise à centraliser les données sur le cycle de vie des produits.

Dans un premier temps, ce passeport concernera les batteries, les équipements électroniques, les matériaux de construction et le textile. Il rassemblera des informations clés : composition, options de réparabilité, modalités de recyclage, et sera renseigné par tous les acteurs économiques, du producteur au vendeur, en passant par le réparateur et le distributeur.

Le format technique reste à définir : QR Code, puce RFID, NFC ou code-barres sont envisagés, avec un système garantissant l’authenticité et la mise à jour sécurisée des données. Mais le projet divise les industriels. Certains y voient une contrainte, avec le risque d’exposer des informations techniques sensibles. D’autres, au contraire, perçoivent un avantage compétitif en valorisant leurs pratiques plus vertueuses et en facilitant l’essor de l’économie circulaire.

Des entreprises ont déjà anticipé le mouvement. Fnac Darty, par exemple, a lancé en 2024 un « passeport digital » pour ses produits électroménagers, permettant aux consommateurs d’accéder aux informations sur leur origine, leur entretien et leur recyclage. Dans le secteur du luxe, des groupes comme LVMH, Richemont et Prada travaillent depuis plusieurs années sur des certificats numériques d’authenticité.

Si ce passeport numérique s’annonce comme une avancée pour le suivi des produits et le développement durable, il pose aussi des questions sur le respect de la vie privée. Certaines marques pourraient chercher à exploiter ces données pour entretenir une relation plus personnalisée avec les consommateurs. Un équilibre devra être trouvé entre transparence et protection des utilisateurs.

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