Le parquet de Nanterre a ouvert une information judiciaire contre TotalEnergies pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. L’enquête fait suite à une plainte déposée par des victimes et des proches de l’attaque jihadiste survenue en 2021 à Palma, au Mozambique, où le groupe menait son mégaprojet gazier Mozambique LNG.
Les plaignants accusent la multinationale d’avoir failli à la protection de ses sous-traitants, exposés à l’assaut meurtrier. TotalEnergies s’était retiré du projet après avoir invoqué la force majeure, une disposition permettant de suspendre ses obligations en raison de circonstances exceptionnelles.
Alors que l’affaire judiciaire refait surface, le groupe a obtenu cette semaine l’aval de l’agence américaine de crédit à l’exportation pour un prêt de 4,7 milliards de dollars, facilitant ainsi le redémarrage du projet. La production est désormais attendue pour 2029 ou 2030, avec un investissement total de 20 milliards de dollars.
L’annonce de cette reprise a provoqué de vives réactions. La Chambre africaine de l’énergie a salué un « projet clé » pour le continent, tandis que plusieurs ONG dénoncent une « bombe climatique » et des atteintes aux droits humains, appelant les banques françaises à refuser son financement.