Sarrians - 35 ans après le meurtre de Bouziane Ben Abdeslam, la gendarmerie relance l’enquête
Sarrians - 35 ans après le meurtre de Bouziane Ben Abdeslam, la gendarmerie relance l’enquête

Trente-cinq ans après les faits, la justice tente de raviver la mémoire collective. La gendarmerie de Carpentras a lancé un appel à témoins afin d’élucider le meurtre de Bouziane Ben Abdeslam, commis dans la nuit du 18 au 19 mars 1991 à Sarrians, dans le Vaucluse. L’objectif est clair, recueillir de nouveaux éléments susceptibles de relancer définitivement ce dossier resté sans réponse.

Le corps de cet homme âgé de 33 ans avait été découvert dans un pré à l’entrée du village. L’autopsie réalisée à l’époque avait établi que la victime avait reçu plusieurs coups de couteau ainsi que des coups portés au niveau du crâne. Ces blessures avaient entraîné son décès. Malgré l’ouverture rapide d’une enquête, l’affaire n’avait pas abouti.

Un suspect avait été interpellé dans les jours suivant la découverte du corps. Placé en garde à vue, il avait contesté toute implication. Mis en examen et incarcéré pendant six mois en détention provisoire, il avait finalement été remis en liberté faute de preuves suffisantes. L’instruction s’était achevée par un non-lieu prononcé le 4 février 1997.

Un “cold case” rouvert en janvier 2026

Le 20 janvier 2026, le parquet de Carpentras a décidé de rouvrir ce dossier classé depuis près de trois décennies. Cette décision s’inscrit dans le cadre du traitement des affaires non élucidées, parfois relancées grâce à de nouvelles techniques d’enquête ou à des témoignages tardifs.

La gendarmerie invite désormais toute personne ayant connu Bouziane Ben Abdeslam, ou disposant d’informations, même anciennes, à se manifester auprès de la brigade de recherches de Carpentras au 04 90 63 75 28. Les enquêteurs estiment que certains éléments, restés inexploités ou méconnus à l’époque, pourraient aujourd’hui permettre de progresser.

Les éventuels témoignages recueillis pourraient apporter un éclairage nouveau sur le contexte dans lequel s’est déroulé le crime, sur les fréquentations de la victime ou sur d’éventuels conflits. Plus de trois décennies après les faits, les souvenirs peuvent s’être estompés, mais ils peuvent aussi, dans certains cas, se libérer avec le temps.

Pour les proches de la victime, et notamment ses filles, cette réouverture ravive l’espoir d’obtenir des réponses. Le temps judiciaire ne s’est pas totalement refermé sur ce meurtre. La relance de cette enquête démontre que certains dossiers, même anciens, ne sont pas abandonnés. Les autorités misent désormais sur la mémoire collective pour tenter d’éclairer les zones d’ombre qui entourent toujours ce crime commis à Sarrians en 1991.

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