La compagnie aérienne Ryanair demande au gouvernement français de suspendre temporairement les contrôles biométriques aux frontières durant l’été, dénonçant des files d’attente déjà importantes dans plusieurs aéroports. Selon elle, le nouveau système européen d’entrée-sortie (EES), en place depuis début avril, provoque des perturbations significatives pour les passagers.
Dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, la compagnie à bas coût appelle à un retour provisoire au tampon manuel des passeports jusqu’en septembre. Elle affirme que les temps d’attente atteignent déjà « une à deux heures » dans certains aéroports comme Beauvais, Marseille ou Nantes, en raison d’un manque de personnel et de dysfonctionnements techniques.
Le système EES, entré en service le 10 avril, remplace le tampon traditionnel pour les voyageurs non européens entrant dans l’espace Schengen. Il repose sur l’enregistrement numérique des données des passagers, incluant photo faciale et empreintes digitales, avec l’objectif de renforcer la sécurité et, à terme, fluidifier les contrôles.
Dans les faits, ce nouveau dispositif semble encore en phase d’ajustement. Quelques minutes supplémentaires par passager suffisent à ralentir l’ensemble du processus aux heures de pointe, entraînant retards, correspondances manquées et parfois même des départs d’avion sans certains voyageurs.
Ryanair dénonce une mise en œuvre précipitée en pleine période de forte affluence. « Les gouvernements tentent d’imposer un système informatique mal conçu en pleine haute saison, et les passagers en paient le prix », a déclaré Neal McMahon, directeur des opérations de la compagnie, évoquant également des mesures d’assouplissement déjà prises dans certains pays comme la Grèce.
Les inquiétudes ne sont pas nouvelles. Dès février, le groupe ADP avait mis en garde contre une mise en service trop rapide du système, tandis que l’Union des aéroports français appelait à un report après l’été. À ce stade, les autorités françaises n’ont pas annoncé de suspension du dispositif.
Alors que les grands départs approchent, la question reste ouverte : faut-il maintenir un système encore en rodage au risque de perturber massivement le trafic aérien, ou revenir temporairement à des méthodes plus éprouvées ? En attendant une décision, les voyageurs sont déjà incités à anticiper des délais plus longs lors de leur passage aux frontières.
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