xRetraites : les syndicats prêts à acter les 64 ans contre quelques concessions
Retraites : les syndicats prêts à acter les 64 ans contre quelques concessions

Malgré des mois de tension sociale, les principaux syndicats encore à la table des négociations s’apprêtent à acter l’âge légal de départ à 64 ans. Reste à voir ce qu’ils obtiendront en échange. Le baroud d’honneur semble toucher à sa fin. Alors que la dernière séance de discussions sur les retraites est prévue le 17 juin, les syndicats réformistes (CFDT, CFTC, CFE-CGC) ont fini par abandonner l’idée d’un retour aux 62 ans. La ligne rouge des 64 ans, symbole des grandes mobilisations du printemps 2023, ne sera finalement pas franchie. En échange, les partenaires sociaux misent sur quelques améliorations techniques du système actuel. Une stratégie du donnant-donnant portée par le patronat, avec le Medef en tête, qui s’est dit prêt à lâcher sur certaines demandes si les syndicats acceptaient de clore le débat sur l’âge légal.

Des mesures compensatoires, mais peu d’avancées concrètes

Les négociations n’en restent pas moins âpres. Du côté des syndicats, plusieurs revendications sont restées lettre morte. Aucune avancée significative sur la question de la pénibilité : l’extension du C2P (compte professionnel de prévention) aux critères ergonomiques est pour l’instant écartée. L’abaissement à 66 ans de l’âge automatique du taux plein, réclamé par plusieurs syndicats, a également été rejeté au motif de son coût jugé trop élevé (estimé à 10 milliards d’euros à l’horizon 2070). En guise de lot de consolation, la CPME a mis sur la table une mesure intermédiaire : une évaluation médicale à 59 ans pour anticiper des aménagements de carrière. Une piste jugée timide, mais jugée recevable par la CFDT, qui y a vu une base de discussion.

Pas d’effort financier du patronat pour résorber le déficit

Sur le volet budgétaire, les syndicats reprochent aux organisations patronales leur inertie. Aucune piste sérieuse n’a été proposée pour faire participer les entreprises au redressement des comptes, alors que l’objectif d’un retour à l’équilibre en 2030 suppose 6,5 milliards d’euros d’économies. Une exigence défendue par François Bayrou, qui reste persuadé qu’un accord global reste possible d’ici mardi. Un projet de texte doit être transmis la veille aux parties prenantes. La question reste entière : si seuls les syndicats valident le document, l’accord aura-t-il un véritable poids ? En coulisses, certains redoutent que le patronat, peu enclin à bouger sur le fond, saborde la signature collective. Le « conclave » sur les retraites pourrait alors s’achever sur un constat d’échec poli, malgré la volonté affichée de parvenir à une sortie par le haut.

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