La tension monte encore d’un cran au centre pénitentiaire de Perpignan. Hier mardi 5 août, la Direction interdépartementale de la police nationale, épaulée par une équipe cynophile des douanes, a investi les parloirs famille de l’établissement pour une opération de contrôle inopinée. Objectif : enrayer un trafic de drogue devenu, selon plusieurs sources internes, aussi régulier qu’incontrôlable. Mobilisés sur réquisition du parquet, les policiers ont ciblé les visiteurs venus rencontrer des détenus. Trois d’entre eux ont été interpellés sur place, en possession de produits stupéfiants. Les fouilles ont permis de saisir 52 grammes de cannabis et dix doses de cocaïne, soit environ 4 grammes au total. Immédiatement placés en garde à vue, les trois suspects sont accusés d’avoir tenté de faire passer ces substances en détention.
Des parloirs annulés pour onze détenus
L’opération ne s’est pas arrêtée à ces seules interpellations. D’autres produits interdits, comme de l’alcool, du tabac ou de la nourriture non autorisée, ont également été découverts. En conséquence, les parloirs ont été suspendus pour onze détenus, une mesure disciplinaire qui pourrait s’ajouter à d’éventuelles poursuites pour les familles concernées. Ce coup de filet intervient dans un contexte particulièrement agité. Il y a quelques jours, une quantité qualifiée de « spectaculaire » de drogue avait été retrouvée dans une cellule, illustrant l’ampleur des réseaux clandestins à l’intérieur même de l’établissement. Le centre pénitentiaire des Pyrénées-Orientales, en proie à une surpopulation chronique, est régulièrement cité pour ses difficultés à maintenir l’ordre et la sécurité. Face à cette situation, les syndicats pénitentiaires montent au créneau. L’UFAP UNSa Justice a récemment exigé la mise en place de fouilles intégrales systématiques pour tous les détenus en contact avec l’extérieur, ainsi qu’une fouille générale de l’établissement. Du côté de l’administration, on évoque déjà la possibilité de reconduire ce type d’opérations surprise dans les semaines à venir. L’heure est à la reprise en main.