Illustration Pass Culture
Illustration Pass Culture

L’annonce est tombée sans préavis : la part collective du pass Culture, qui finance les activités culturelles dans les collèges et lycées, est gelée à 50 millions d’euros pour 2025. Une décision prise par le ministère de l’Éducation nationale et qui suscite une vive indignation dans le milieu éducatif.

Les établissements scolaires ont été informés en dernière minute, le 30 janvier, que les fonds pour la période janvier-juin étaient déjà largement engagés, ne laissant qu’une enveloppe de 10 millions d’euros disponible pour de nouvelles réservations, selon Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa. Dès le lendemain, toute tentative de réservation via la plateforme Adage s’est heurtée à des blocages dus à un afflux massif de demandes. Plusieurs enseignants ont dénoncé un « hold-up » budgétaire, prenant au dépourvu les équipes pédagogiques qui comptaient sur ces financements pour organiser spectacles, sorties et ateliers artistiques.

Face à cette restriction soudaine, la CGT Éduc’action et la Fédération nationale des conseils de parents d’élèves (FCPE) ont exprimé leur colère contre une décision jugée « unilatérale et incompréhensible ». « Faire de la culture une variable d’ajustement budgétaire est inacceptable », a martelé la CGT dans un communiqué. Sur les réseaux sociaux, plusieurs élus, notamment de La France Insoumise, ont relayé la frustration des enseignants, soulignant le paradoxe entre cette coupe budgétaire et l’intégration récente du spectacle du Puy du Fou dans le pass Culture individuel.

Ce gel budgétaire a également des répercussions au-delà du monde éducatif : théâtres, festivals et structures culturelles partenaires redoutent une baisse de fréquentation et un impact financier significatif. La décision du ministère, qui se justifie par une « situation budgétaire inédite », laisse ainsi planer une incertitude sur la place de la culture dans l’éducation pour les mois à venir.

Partager