Ovnis - comment la France a institutionnalisé l’étude des phénomènes inexpliqués @public domains
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En 1977, alors que les témoignages d’objets volants non identifiés se multipliaient dans l’Hexagone, l’État a choisi de créer une structure inédite : le Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non identifiés (Gepan), aujourd’hui Geipan. Placé sous l’autorité du Centre national d’études spatiales (CNES) et installé à Toulouse, l’organisme avait pour mission d’apporter une réponse scientifique à un sujet jusque-là dominé par les rumeurs et les spéculations.

Une réponse scientifique à une vague d’ovnis

Dans le climat de la Guerre froide, marqué par la suspicion d’avions espions et la crainte des avancées militaires, les autorités françaises ont estimé nécessaire d’apporter un cadre officiel. « Il fallait une parole publique crédible », rappelle aujourd’hui Frédéric Courtade, directeur du Geipan depuis 2024. Dès ses débuts, le groupe s’est entouré d’un comité scientifique prestigieux, avec des experts de l’aéronautique, de la météorologie et de la gendarmerie, mais aussi des bénévoles chargés d’enquêter sur le terrain. Loin du folklore ufologique, l’acronyme « PAN » (phénomènes aérospatiaux non identifiés) a été privilégié pour éviter l’association immédiate aux extraterrestres. Les signalements collectés sont classés en quatre catégories : de A (phénomène expliqué) à D (phénomène restant inexpliqué). Si, dans les années 1980, les cas « D » représentaient près d’un cinquième des dossiers, ils ne sont plus que 3 % aujourd’hui, la plupart des observations ayant trouvé une explication rationnelle, qu’il s’agisse de satellites, de lanternes volantes ou de débris spatiaux.

Un organisme officiel encore scruté

Devenu Sepra en 1988 puis Geipan en 2005, l’organisme a progressivement enrichi sa méthodologie, en intégrant notamment les sciences humaines pour mieux comprendre les biais cognitifs des témoins. Depuis 2008, ses archives anonymisées sont accessibles en ligne, une démarche de transparence qui a rencontré un grand succès auprès du public. Le Geipan traite désormais environ 800 signalements chaque année. Certains cas emblématiques, comme celui de Trans-en-Provence en 1981 ou la rencontre de Cussac en 1967, continuent de nourrir les débats. Mais pour ses responsables, l’objectif reste inchangé : analyser avec rigueur les phénomènes inexpliqués, sans céder aux fantasmes, tout en maintenant un lien de confiance avec les citoyens.

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