Mésigny, bataille d’été autour des cloches de l’église
Mésigny, bataille d’été autour des cloches de l’église

Dans ce village de 800 habitants de Haute-Savoie, l’été 2025 est rythmé par une querelle aussi sonore que symbolique. Une habitante, installée depuis un an et demi à proximité directe de l’église Saint-Denis, réclame l’arrêt des sonneries nocturnes de juin à septembre. Pendant les fortes chaleurs, fenêtres grandes ouvertes, elle dit subir toutes les heures et demi-heures les tintements du clocher, au point d’envisager l’installation d’une climatisation.

Une trêve estivale rejetée par le conseil municipal

L’idée d’une suspension temporaire avait déjà été évoquée à la fin de l’été 2024 sans réponse officielle. Cette année, le conseil municipal a tranché : rejet unanime en avril. En parallèle, les défenseurs du clocher ont lancé une pétition pour « sauver les cloches de l’église Saint-Denis », arguant qu’il appartient aux nouveaux arrivants de s’adapter aux habitudes centenaires. Elle avait recueilli plus de 9 100 signatures le 14 août. Certains habitants jugent néanmoins la proposition pertinente pour les mois les plus chauds, estimant que le silence nocturne pourrait profiter à tous.

Un débat qui dépasse les clochers

Les conflits liés aux bruits de la campagne ne sont pas nouveaux. Ils avaient déjà conduit, en 2021, à l’adoption d’une loi protégeant le patrimoine sensoriel rural, inspirée par l’affaire du coq Maurice. En avril 2024, un nouveau texte est venu préciser que lorsqu’un trouble sonore est antérieur à l’installation d’un plaignant, la responsabilité de l’auteur ne peut être engagée. De quoi conforter juridiquement les partisans du maintien des cloches, au risque de laisser les nuits d’été de Mésigny résonner comme toujours.

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