unnamed (2)
unnamed (2)

Alors que les lycéens finalisent leurs vœux sur Parcoursup, un chiffre devrait les faire réfléchir : seuls 36 % des étudiants français obtiennent leur licence en trois ans, contre 39 % en moyenne dans l’OCDE et 69 % au Royaume-Uni. Une réalité inquiétante mise en lumière par le rapport annuel de la Cour des comptes, publié hier 19 mars, qui souligne l’inefficacité du système universitaire français.

Le constat est brutal : sur les 950 000 étudiants qui débuteront un cycle de licence à la rentrée 2025-2026, moins d’un sur deux obtiendra son diplôme en 2030. Et cette lenteur coûte cher : 534 millions d’euros sont engloutis en redoublements, réorientations et sorties sans diplôme sur trois ans. Ce gaspillage financier s’accompagne d’un impact social : la difficulté à diplomer les jeunes pénalise le pays face aux défis économiques et sociétaux futurs.

Les causes de cet échec sont multiples. D’une part, les universités peinent à prévenir les décrochages, faute de financements pérennes. D’autre part, l’orientation des élèves reste fortement influencée par leur origine sociale : à notes égales et vœux équivalents, les élèves issus de familles défavorisées sont davantage orientés vers la voie professionnelle après la troisième.

Un autre problème majeur est l’accès à l’enseignement supérieur pour les jeunes issus des territoires ruraux. Dans certains départements comme la Haute-Marne, la Meuse, les Vosges ou la Haute-Saône, seuls 20 % des jeunes décrochent un diplôme du supérieur, contre 32 % en moyenne en France. Pour ces étudiants, la distance est un frein majeur, et les bourses ne prennent pas suffisamment en compte la réalité géographique. La Cour des comptes propose une réforme simple et efficace : mieux adapter les aides en fonction de la distance et simplifier les démarches via un guichet unique.

Enfin, la Cour des comptes pointe un problème souvent oublié : le manque de formation des enseignants à l’orientation des élèves. Contrairement à d’autres pays, où les métiers sont présentés dès l’école primaire, l’orientation en France repose sur des professeurs principaux surchargés et peu formés. Une politique inefficace qui coûte 400 millions d’euros par an et mériterait une refonte totale.

Le rapport ne se contente pas de constater les échecs, il propose des solutions concrètes : mieux accompagner les étudiants dès leur entrée à l’université, revoir l’attribution des bourses et professionnaliser l’orientation. Des recommandations qui, si elles étaient mises en œuvre, pourraient enfin réconcilier l’université française avec la réussite.

Partager