Après quarante ans de détention, Georges Ibrahim Abdallah, 74 ans, s’apprête à quitter la France. Le militant libanais, ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), condamné en 1987 pour complicité d’assassinats de diplomates à Paris, doit être expulsé vers Beyrouth ce vendredi. Une décision validée par la cour d’appel de Paris le 17 juillet, mais aussitôt contestée par le parquet général, qui a déposé un pourvoi en cassation. Malgré ce recours, la libération reste effective. Le pourvoi n’est pas suspensif, ce qui signifie que Georges Ibrahim Abdallah sera bel et bien libéré vendredi de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) avant d’embarquer pour le Liban, dans le cadre d’un départ organisé avec les autorités libanaises. Ces dernières, qui réclamaient depuis des années le retour de leur ressortissant, se sont félicitées de cette issue.
Une sortie de prison controversée mais maintenue
Le parquet général conteste la décision, estimant qu’elle va à l’encontre de la jurisprudence de la Cour de cassation. Selon cette dernière, une personne condamnée à perpétuité pour terrorisme ne peut bénéficier d’une libération conditionnelle sans mesure probatoire en France (bracelet électronique, suivi judiciaire, obligations de pointage). Or, la cour d’appel a statué sans prévoir de telles contraintes, au motif que la détention de l’intéressé était devenue disproportionnée, compte tenu de son âge et de la durée de son incarcération. Libérable depuis plus de vingt-cinq ans, Georges Ibrahim Abdallah avait vu ses précédentes demandes rejetées à de multiples reprises. Cette fois, les juges ont retenu l’usure du temps et un écart entre les faits reprochés et les décennies passées derrière les barreaux. Militant propalestinien et figure controversée, Abdallah a lui-même salué une libération qu’il attribue à une « mobilisation ascendante » en sa faveur. Le débat reste vif : entre la fermeté revendiquée par le parquet national antiterroriste et les critiques sur une détention à caractère politique, l’affaire continue d’agiter la scène judiciaire et diplomatique. La Cour de cassation, saisie en urgence, devra désormais trancher… sans pouvoir empêcher l’avion de décoller.