EDF
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EDF a récemment annoncé son intention de proposer des contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN) via un mécanisme d’enchères ouvert à toute l’Europe, prévoyant de mettre sur le marché environ 10 térawattheures par an à partir du 1ᵉʳ janvier 2026. Ce changement de cap vise à élargir la clientèle au-delà des industriels français électro-intensifs, en incluant des entreprises européennes et des fournisseurs alternatifs.

Du côté du gouvernement, cette démarche suscite de vives réserves. L’accord passé en 2023 avec EDF avait pour but de garantir un approvisionnement en électricité compétitif pour les grands consommateurs industriels français, afin de préserver leur compétitivité sur le marché international. Or, à ce jour, un seul contrat ferme a été signé, représentant à peine 1 % des objectifs fixés. Les négociations entre EDF et les industriels sont au point mort, ces derniers dénonçant des tarifs jugés trop élevés pour rester compétitifs.

Face à ces blocages, EDF mise sur l’ouverture à l’Europe pour sécuriser ses revenus et soutenir ses investissements dans le parc nucléaire français. Mais cette stratégie est perçue par certains membres du gouvernement comme une volonté de privilégier le marché européen au détriment des industriels nationaux, ce qui pourrait fragiliser des secteurs déjà sous pression.

Cette situation met en lumière un désaccord profond entre EDF et l’État sur la gestion du marché de l’électricité. Alors que le gouvernement cherche à faire de l’électricité nucléaire un levier de compétitivité pour l’industrie française, EDF entend maximiser ses profits et assurer la viabilité économique de son modèle. Dans ce bras de fer, la nécessité de trouver un compromis devient urgente, sous peine d’exacerber encore davantage les tensions entre l’énergéticien et son actionnaire principal, l’État.

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