La justice française émet un mandat d’arrêt contre Bachar al-Assad pour crimes de guerre @AP
La justice française émet un mandat d’arrêt contre Bachar al-Assad pour crimes de guerre @AP

Des juges d’instruction français ont délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de sept anciens hauts responsables syriens, dont l’ex-président Bachar al-Assad, pour leur rôle présumé dans le bombardement d’un centre de presse à Homs en 2012. L’information a été confirmée mardi par une source judiciaire ainsi que par une organisation de défense des droits humains.

Homs, dans l’ouest de la Syrie, fut l’un des principaux bastions de la rébellion au début de la guerre civile. La ville a subi un siège particulièrement meurtrier imposé par les forces du régime entre 2011 et 2014, qui s’est achevé par le retrait des insurgés.

Le 22 février 2012, une roquette avait frappé un « centre de presse informel », provoquant la mort de la journaliste américaine Marie Colvin, correspondante de guerre renommée, et du photographe français Rémi Ochlik. Deux autres journalistes ainsi qu’un interprète avaient été grièvement blessés dans l’attaque.

Selon la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), les sept responsables syriens visés par ces mandats sont accusés de complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Les juges français estiment qu’ils ont participé à une stratégie visant à faire taire les voix critiques et à cibler délibérément des journalistes couvrant le conflit.

En vertu de sa compétence universelle, la France autorise le dépôt de plaintes pour crimes contre l’humanité et peut engager des poursuites même si les faits ont été commis à l’étranger. La source judiciaire a précisé que ces mandats d’arrêt européens avaient été émis dès le mois dernier.

Cette décision marque une étape judiciaire majeure dans la quête de justice pour les victimes de la guerre en Syrie. Toutefois, elle risque de rester largement symbolique, Bachar al-Assad et ses anciens responsables n’ayant que peu de chances d’être remis aux autorités françaises. Elle s’inscrit néanmoins dans une série d’initiatives internationales visant à documenter et sanctionner les crimes commis pendant le conflit syrien.

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