Par Jérôme Goulon.
Une seule image a suffi à transformer Pedro Elias Garzon Delvaux, 15 ans, en phénomène mondial. Photographié par l’Associated Press au Louvre le jour du vol des bijoux de la Couronne, le jeune adolescent a captivé des millions d’internautes grâce à son élégance et son mystérieux chapeau fedora. Surnommé « Fedora Man », il est aujourd’hui identifié et raconte son histoire.
Pedro Elias Garzon Delvaux : un style qui fascine
Pedro, 15 ans, vit à Rambouillet avec ses parents et son grand-père. Passionné par Sherlock Holmes et Hercule Poirot, il s’est rapidement démarqué par son look inspiré du début du XXe siècle. Le jour de la photo virale, il portait un fedora, un gilet Yves Saint Laurent emprunté à son père, une veste choisie par sa mère, une cravate soignée, un pantalon Tommy Hilfiger et une montre russe restaurée.
Le fedora, incliné légèrement, est un hommage à Jean Moulin, héros de la Résistance française. « J’aime être chic, explique Pedro. Je vais à l’école comme ça. » Son style, loin d’être un costume pour l’occasion, est un choix personnel, réservé aux sorties culturelles et visites au musée.
De l’anonymat à la célébrité
La photo, prise par Thibault Camus de l’AP, montrait trois policiers appuyés sur une voiture bloquant l’entrée du Louvre, quelques heures après le braquage des bijoux de la Couronne. À droite, Pedro avançait seul en costume trois pièces, offrant un contraste saisissant avec la scène contemporaine.
Rapidement, les internautes ont surnommé la silhouette « Fedora Man ». Beaucoup l’ont imaginé comme un détective à l’ancienne, un complice du vol, ou même une création générée par intelligence artificielle. Pedro explique : « Sur la photo, je suis habillé dans le style des années 1940, et nous sommes en 2025. Il y a un contraste. »
Même sa famille a eu du mal à le reconnaître, jusqu’à ce qu’ils aperçoivent sa mère en arrière-plan de l’image. Le jeune homme s’est alors retrouvé au centre d’une attention internationale.

Le mystère volontairement entretenu
Pedro n’a pas souhaité révéler son identité immédiatement. « Je ne voulais pas dire immédiatement que c’était moi. Avec cette photo, il y a un mystère, donc il faut le faire durer. » Il est resté silencieux plusieurs jours avant de rendre son compte Instagram public : « Les gens devaient essayer de découvrir qui j’étais. Puis les journalistes sont venus et je leur ai donné mon âge. Ils ont été extrêmement surpris. »
Une célébrité inattendue
Quatre jours après la publication, un ami lui a demandé : « C’est toi ? » Pedro a alors appris que sa photo avait été vue cinq millions de fois. Sa mère lui signale qu’il apparaît dans le New York Times et sa famille, ses amis et ses cousins à l’étranger lui envoient captures d’écran et appels.
« Les gens disaient : ‘Tu es devenu une star’, raconte Pedro. J’étais étonné qu’une seule photo puisse devenir virale en quelques jours. »
L’art et l’histoire au quotidien
Pedro et sa famille étaient simplement venus visiter le Louvre ce jour-là. « Nous voulions aller au Louvre, mais il était fermé. Nous ne savions pas qu’il y avait un braquage », explique-t-il. Sa mère, Félicité Garzon Delvaux, a grandi dans un musée-palais du XVIIIe siècle et emmène régulièrement son fils aux expositions. « L’art et les musées sont des espaces vivants. La vie sans art n’est pas la vie. »
Pour Pedro, le style et l’art font partie du quotidien. Quand des millions d’internautes ont projeté des histoires sur un simple cliché de lui en fedora, il a compris le pouvoir d’une image et laissé le mythe se développer avant de se manifester.
Fedora Man : un symbole moderne
Le look de Pedro, inspiré des détectives de fiction et des hommes politiques du XXe siècle, est devenu une signature personnelle. À son école sans uniforme, son style commence déjà à influencer ses camarades. « Un de mes amis est venu cette semaine avec une cravate, raconte-t-il. »
Il comprend pourquoi on lui a attribué un rôle de détective : « Quand quelque chose d’inhabituel se produit, on n’imagine pas un détective normal. On imagine quelqu’un de différent. »
Dans une histoire de vol et de sécurité compromise, « Fedora Man » apparaît comme un contrepoint léger : un adolescent qui croit que l’art, le style et un bon mystère appartiennent à la vie ordinaire. Une seule photo l’a transformé en symbole mondial, mais en le rencontrant, on constate qu’il est bien réel.
« Je suis une star, dit-il, moins par vanité que comme expérience, comme si j’essayais les mots comme j’essaye un chapeau. Je continuerai à m’habiller ainsi. C’est mon style. »

