Après l’incendie survenu le 1er janvier 2026 à Crans-Montana, en Suisse, qui a touché plusieurs ressortissants français, dont de nombreux mineurs, l’État français renforce son dispositif d’accompagnement. Face à la complexité d’un drame intervenu à l’étranger et à la dispersion géographique des victimes et de leurs familles, le ministère de la Justice a décidé de structurer davantage la prise en charge, tant sur le plan administratif que judiciaire et indemnitaire.
Sur proposition de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, le Premier ministre a validé la désignation de deux coordonnateurs nationaux. Dominique Ferrière, magistrat honoraire, et Emmanuel Douhaire, ancien administrateur judiciaire, sont désormais chargés d’informer et d’accompagner les victimes françaises et leurs proches dans l’ensemble de leurs démarches. Leur mission vise à apporter un point d’entrée unique aux familles, confrontées à des procédures multiples et souvent difficiles à appréhender dans un contexte transfrontalier.
Dès les jours qui ont suivi le drame, le ministère de la Justice avait mobilisé ses services spécialisés. Le service de l’accès au droit et à la justice et de l’aide aux victimes ainsi que la délégation interministérielle d’aide aux victimes avaient été saisis afin de coordonner l’assistance apportée aux personnes concernées. Le réseau associatif France Victimes avait également été sollicité pour proposer un accompagnement psychologique et juridique aux victimes et à leurs familles, en France comme à l’étranger.
Un accompagnement centralisé face à un drame transfrontalier
La nomination de coordonnateurs nationaux répond à l’ampleur de la situation et aux attentes exprimées par les familles. Le sinistre, survenu hors du territoire national, implique des interlocuteurs multiples, autorités suisses, administrations françaises, compagnies d’assurance et juridictions compétentes. Dominique Ferrière et Emmanuel Douhaire auront pour rôle d’assurer le lien entre l’ensemble de ces acteurs, afin de fluidifier les échanges et d’éviter aux victimes des démarches répétitives ou contradictoires.
Leur mission couvre également la question sensible de l’indemnisation. Le nombre important de personnes hospitalisées, tant en France que dans d’autres pays européens, impose une prise en charge spécifique et coordonnée. Les deux coordonnateurs devront veiller à ce que les droits des victimes blessées et de leurs proches soient pleinement pris en compte, en lien avec les assureurs et les autorités compétentes. L’objectif affiché est de garantir une égalité de traitement et une lisibilité des procédures, malgré la diversité des situations individuelles.
Au-delà des aspects financiers et administratifs, l’information régulière des victimes constitue un axe central du dispositif. Les coordonnateurs devront s’assurer que les familles disposent d’éléments clairs et actualisés sur l’évolution des démarches, les possibilités de soutien et les étapes à venir. Cette mission d’information s’effectuera en étroite collaboration avec les services du ministère de la Justice chargés de l’aide aux victimes, les associations du réseau France Victimes et l’autorité judiciaire.
Par cette organisation renforcée, l’État entend affirmer sa volonté d’apporter un soutien durable aux ressortissants français touchés par cette tragédie. Dans un contexte émotionnel et juridique complexe, la mise en place d’un pilotage national vise à offrir aux victimes un accompagnement structuré, lisible et adapté à la gravité des faits.