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L’armée française redouble d’efforts pour se préparer aux nouvelles menaces du champ de bataille moderne : les cyberattaques. Dans un monde où les conflits ne se gagnent plus uniquement avec des chars et des missiles, mais aussi avec des lignes de code et des intrusions informatiques, l’exercice DEFNET 2025 mobilise 15 000 militaires pour tester la résistance des forces armées face à des attaques numériques.

Parmi les cibles de ces simulations, un véhicule blindé Griffon de 24,5 tonnes a subi une attaque d’un genre inédit. Lors d’une démonstration sur le camp militaire de Versailles-Satory, un commandant cyber a utilisé… un télémètre modifié. Cet appareil, normalement conçu pour mesurer des distances sur un chantier, a été détourné pour pirater les systèmes embarqués du blindé. Résultat : freinage brutal, alarme en panique, véhicule incontrôlable. Une démonstration aussi spectaculaire qu’inquiétante.

Face à ce type de menaces, l’armée ne reste pas les bras croisés. Une unité spécialisée du ComCyber est immédiatement mobilisée. Leur mission : isoler le réseau compromis, sécuriser le périmètre et neutraliser la menace avant qu’elle ne se propage à d’autres véhicules connectés. Car si un seul Griffon peut être mis hors service en quelques secondes, imaginez un bataillon entier immobilisé par une attaque informatique bien orchestrée.

Au-delà du terrain, ces cyberattaques ont aussi une dimension psychologique. Un adversaire pourrait exploiter ces incidents pour saper le moral des troupes et influencer l’opinion publique en diffusant des images de blindés français à l’arrêt, victimes d’une attaque invisible. Pour contrer ces manipulations, l’armée élabore des stratégies de communication adaptées, notamment sur les réseaux sociaux, pour rassurer et rétablir la vérité.

Le commandement de la cyberdéfense des armées (ComCyber) prépare déjà la quatrième édition de DEFNET, prévue du 17 au 28 mars 2025. Cette année, l’exercice prendra place sur 14 sites militaires, avec un scénario géopolitique fictif opposant deux nations imaginaires, Ostland et Titane, et impliquant tous les domaines : terre, mer, air et espace.

Dans ce contexte, le général Aymeric Bonnemaison ne cache pas la gravité des enjeux : « Le climat géopolitique actuel demande une vigilance extrême dans le cyberespace. » Car si un simple télémètre peut clouer au sol un blindé de 24,5 tonnes, quelles surprises nous réservent les cyberconflits de demain ?

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