Un an après l’enlèvement sur le sol français de l’opposant algérien Amir Boukhors, trois hommes ont été mis en examen vendredi 11 avril 2025 à Paris, soupçonnés d’avoir participé à l’arrestation et à la séquestration de l’influenceur. L’un des suspects travaille dans l’un des consulats d’Algérie en France, ce qui soulève des questions sur l’implication de l’État algérien dans cette affaire. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) les poursuit pour des faits graves, tels que l’enlèvement, la séquestration et la participation à une entreprise terroriste criminelle.
Une violence orchestrée sur le sol français
L’affaire révèle une nouvelle fois l’intensification des pressions exercées par le régime algérien sur ses opposants à l’étranger. Après l’agression de Boukhors en 2022, l’enlèvement en avril 2024 démontre que les méthodes de répression ne connaissent pas de frontières. L’avocat de l’opposant, Eric Plouvier, a évoqué la main de « une puissance étrangère » dans cette action violente. La mise en examen des suspects, dont un membre du consulat algérien, pose la question d’une action directe du régime algérien en dehors de ses frontières. La possibilité d’une immunité diplomatique pour cet employé consulaire pourrait compliquer davantage la procédure.
Cette enquête s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre Paris et Alger, d’autant que l’Algérie n’a jamais caché son autoritarisme vis-à-vis de ses dissidents, jusqu’à recourir à des moyens extrêmes pour réduire au silence ses opposants politiques, même en dehors de ses frontières. Cette dynamique répressive s’accompagne de l’emprisonnement de figures telles que l’écrivain Franco-algérien Boualem Sansal, actuellement détenu en Algérie, un symbole des violences politiques menées par le régime. Le dossier fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire approfondie qui pourrait accuser plus directement l’État algérien d’avoir mené une action de terreur sur le territoire français.