Diddy accusé d’avoir contraint Cassie à des « marathons sexuels » sous la menace et la violence
Diddy accusé d’avoir contraint Cassie à des « marathons sexuels » sous la menace et la violence

NEW YORK — L’ex-styliste et ami proche de la chanteuse Cassie a livré mercredi un témoignage accablant contre Sean « Diddy » Combs, affirmant que le producteur de hip-hop avait forcé sa compagne de l’époque à participer à des « marathons sexuels » malgré ses protestations.

À la barre du tribunal fédéral de New York, Deonte Nash a raconté avoir été témoin d’un épisode marquant en 2015, lorsque Combs a exigé que Cassie passe son 29e anniversaire avec lui dans un hôtel de Los Angeles pour ce qu’il appelait une « freak-off » — des rencontres sexuelles prolongées souvent alimentées par la drogue. Selon Nash, Cassie, de son vrai nom Casandra Ventura, suppliait Combs de pouvoir fêter son anniversaire librement, mais celui-ci insistait. Plus tard dans la soirée, elle aurait confié à Nash : « Je ne veux pas faire de freak-off, mais je suis obligée parce qu’il me force. »

Ce témoignage rejoint celui livré plus tôt par Cassie elle-même, qui a décrit des années d’abus et de manipulation de la part de Combs durant leur relation, entre 2007 et 2018. Elle a affirmé avoir été contrainte à des centaines de ces séances sexuelles, au cours desquelles Combs dirigeait, filmait et parfois observait ses rapports avec un travailleur du sexe masculin.

Nash a également confirmé que Combs avait à plusieurs reprises violenté physiquement Cassie. Il a relaté une scène survenue dans l’appartement de la chanteuse, alors qu’il l’aidait à préparer ses affaires pour un festival : Combs aurait surgi, l’aurait saisie par les cheveux, traînée hors du canapé, puis frappée à plusieurs reprises. Nash a tenté de l’arrêter en lui sautant sur le dos, mais a été projeté au sol. La violence aurait continué jusqu’à ce que Cassie se réfugie dans une chambre, où elle a été frappée au visage contre le coin du lit, provoquant une plaie importante au-dessus de l’œil. « Regardez ce que vous m’avez fait faire », aurait alors lancé Combs.

L’artiste de 55 ans, qui plaide non coupable, est accusé d’avoir dirigé pendant deux décennies une organisation criminelle fondée sur l’intimidation et la coercition pour parvenir à ses fins. Il risque entre 15 ans de prison et la perpétuité s’il est reconnu coupable.

Mercredi, ses avocats ont demandé l’annulation du procès, invoquant une possible manipulation du jury après des insinuations concernant l’implication de Combs dans un incendie criminel de 2012 visant le rappeur Kid Cudi, ancien compagnon de Cassie. La demande a été rejetée par le juge Arun Subramanian, qui a toutefois ordonné au jury de ne pas tenir compte des éléments relatifs à la destruction d’empreintes digitales recueillies sur le véhicule incendié.

Un ancien assistant de Combs a témoigné que ce dernier avait déclaré vouloir tuer Kid Cudi après avoir appris sa relation avec Cassie. Quelques semaines plus tard, la Porsche de Cudi avait été incendiée à l’aide d’un cocktail Molotov, dont les restes — une bouteille de bière Old English 800 et un mouchoir de créateur — ont été présentés au tribunal.

Les procureurs fédéraux soutiennent que cet acte de violence fait partie d’une série de comportements criminels renforçant les accusations de racket contre Combs. Aucune arrestation n’a été effectuée dans cette affaire, mais elle est désormais intégrée au dossier plus large que la justice examine.

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