Le gouvernement a confirmé sa volonté de réduire drastiquement le remboursement des cures thermales, une décision qui fait l’effet d’un séisme dans le secteur. Le taux de prise en charge par l’Assurance-maladie passerait de 65 % à seulement 15 %, une mesure destinée à économiser 200 millions d’euros dans le budget de la Sécurité sociale. Les professionnels du thermalisme dénoncent une décision « catastrophique », estimant qu’elle met en péril à la fois la santé des patients et l’équilibre économique de toute une filière. La ministre déléguée chargée de la Solidarité, Charlotte Parmentier-Lecocq, a défendu ce choix mercredi 5 novembre devant le Sénat, rappelant que le Parlement devra encore l’entériner dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Cette réforme s’ajouterait à la suppression du remboursement à 100 % pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée, déjà annoncée.
Un choc économique pour une filière fragile
Pour les professionnels, cette décision sonne comme un coup d’arrêt brutal à un secteur qui emploie près de 25 000 personnes à travers 113 stations thermales réparties dans tout le pays. Les établissements redoutent une chute massive du nombre de curistes, dont la fréquentation dépend en grande partie du remboursement actuel. Les associations d’élus des communes thermales alertent sur le risque d’effondrement de l’économie locale, particulièrement dans les régions de montagne et les zones rurales. Les syndicats du thermalisme soulignent aussi l’effet domino que cette mesure pourrait entraîner : fermetures d’établissements, pertes d’emplois, dévitalisation de territoires déjà fragiles. Les élus locaux rappellent que ces cures, au-delà de leur aspect préventif, contribuent à l’attractivité touristique et au maintien de services publics essentiels dans des zones isolées.
Un impact sanitaire dénoncé par les soignants
Les médecins thermaux rappellent que ces cures jouent un rôle reconnu dans le traitement de pathologies chroniques comme l’arthrose, les troubles respiratoires ou les affections dermatologiques. Une baisse du remboursement risquerait d’en exclure une large partie des patients les plus modestes. Plusieurs fédérations médicales dénoncent « une décision comptable déconnectée de la réalité sanitaire », qui pourrait à terme aggraver le coût global des soins. Les défenseurs du thermalisme demandent désormais un moratoire et une concertation avec le gouvernement avant tout vote définitif. Pour eux, le risque est clair : transformer un soin de prévention accessible en un luxe réservé à quelques-uns. Derrière l’enjeu budgétaire, c’est toute une tradition médicale et sociale française qui pourrait disparaître dans la vapeur des économies.