La cour d’appel de Paris a rejeté ce jeudi 27 mars l’ensemble des recours formulés par Carlos Ghosn pour faire annuler le mandat d’arrêt international émis contre lui en avril 2023. L’ancien PDG de Renault-Nissan, réfugié au Liban depuis sa spectaculaire fuite du Japon fin 2019, est visé par une enquête du Parquet national financier pour corruption et trafic d’influence, notamment dans le cadre de sa collaboration passée avec Rachida Dati, alors avocate et eurodéputée.
Le mandat d’arrêt avait été lancé après que Ghosn a refusé de se présenter à une convocation d’une juge d’instruction parisienne. Ses avocats plaidaient l’irrecevabilité du mandat, arguant qu’il est juridiquement interdit de quitter le territoire libanais, et qu’il ne s’était pas « volontairement » soustrait à la justice. Mais pour la cour, son absence en France justifie le recours à ce type de mandat, même sans tentative préalable de convocation formelle.
Un dossier explosif mêlant politique, affaires et justice
Carlos Ghosn est soupçonné d’avoir rémunéré Rachida Dati à hauteur de 900 000 euros pour des prestations de conseil jugées fictives, alors qu’elle était eurodéputée. Tous deux contestent fermement les accusations. La défense de Ghosn avait également tenté, en vain, d’accéder au dossier judiciaire malgré le mandat d’arrêt, et invoqué la prescription des faits. Ces arguments ont été balayés par la chambre de l’instruction.
Ce revers judiciaire vient s’ajouter à une autre affaire, dans laquelle Ghosn est visé par un mandat d’arrêt à Nanterre, cette fois pour abus de biens sociaux et blanchiment en bande organisée en lien avec un distributeur automobile omanais. À 71 ans, Carlos Ghosn reste donc sous le coup de plusieurs procédures judiciaires internationales, sans pouvoir quitter le Liban, où il réside désormais sous la protection des autorités locales.