Lors d’une mobilisation contre la réforme des retraites, le 21 mars 2023 dans le XIIᵉ arrondissement de Paris, deux policiers de la Brigades de répression de l’action violente motorisée (Brav-M) ont été reconnus coupables d’avoir roulé délibérément à moto sur un manifestant et de l’avoir frappé. Jugés devant le tribunal correctionnel de Paris ce lundi, ils écopent de peines de prison avec sursis, assorties d’interdictions professionnelles et du port d’armes. La scène a été captée par un passant et par la caméra-piéton d’un des policiers. On y voit Valentin P., alors étudiant de 19 ans, tenter de fuir sur le trottoir avant de trébucher. L’un des motards accélère et percute sa jambe gauche, puis le manifestant est maintenu au sol et frappé à plusieurs reprises, sous un flot d’insultes. Les auteurs de l’agression ironisent ensuite auprès de leurs collègues : « On vient de percuter un mec, on l’a démonté, on l’a découpé ! » Pris en charge aux urgences, Valentin P. se voit délivrer huit jours d’incapacité totale de travail pour ecchymoses et un hématome conséquent.
Des peines plus sévères que requises
Le conducteur de la moto, Vincent V., reconnaissable à son rôle clé dans le choc volontaire, est condamné à 12 mois de prison avec sursis, cinq ans d’interdiction de port d’armes et, surtout, à une interdiction définitive d’exercer comme policier ou gendarme ; il fait appel. Son coéquipier, Mathias M., écope de huit mois de sursis pour coups et blessures volontaires. Un troisième policier mis en cause pour un coup de pied a été relaxé, le tribunal estimant qu’il n’avait pas commis de violence intentionnelle. Créée en 2019 pour intervenir rapidement lors de manifestations ou d’actes de violences urbaines, la Brav-M est régulièrement pointée du doigt pour son usage excessif de la force. Ce jugement, perçu comme un avertissement, relance le débat sur les moyens et la formation de ces unités motorisées, dont la mobilité extrême doit désormais être conciliée avec le respect des droits fondamentaux des manifestants.