Rafale : l’Inde valide l’achat de 114 avions pour plus de 30 milliards d’euros (AP)
Rafale : l’Inde valide l’achat de 114 avions pour plus de 30 milliards d’euros (AP)

La polémique autour du choix belge pour le F-35 américain ressurgit, ravivant les tensions avec Paris. Depuis que Bruxelles a opté en 2018 pour l’appareil de Lockheed Martin au détriment du Rafale, ce dossier reste sensible. Un récent article très critique publié dans la presse belge ravive ce climat électrique, perçu en France comme une véritable humiliation. Derrière ce débat, se jouent des enjeux industriels, militaires et politiques qui dépassent largement le simple choix d’un avion de combat.

Un choix stratégique qui a fracturé le débat européen

Pour Bruxelles, le F-35 s’est imposé pour des raisons autant techniques que géopolitiques. Cet appareil furtif concentre des capteurs avancés, une grande capacité d’emport et surtout une production massive permettant de contenir les coûts. À Fort Worth, au Texas, ce sont près de 250 avions qui sortent des chaînes chaque année, avec une cadence de quinze appareils par mois. Une comparaison difficile pour le Rafale, produit en quantités bien plus limitées. La dimension industrielle a donc pesé : maintenance plus simple, disponibilité plus élevée, prix mieux maîtrisé.

Une tribune belge qui irrite Paris

La situation s’est tendue après la publication dans De Standaard d’une tribune au ton virulent. L’auteur y affirme qu’en refusant la technologie américaine, la France se placerait « hors-jeu », allant même jusqu’à comparer Paris à un « village gaulois » isolé face au reste de l’Europe. Une pique mal reçue, d’autant plus que la France compte la Belgique parmi ses clients majeurs : blindés Griffon, véhicules Jaguar, canons Caesar… Autant de contrats stratégiques qui témoignent d’une forte interconnexion militaire entre les deux pays.

Le F-35, un programme plus européen qu’il n’y paraît

L’argument avancé par les défenseurs du F-35 est simple : cet appareil est en réalité au cœur d’un vaste réseau industriel européen. Des centaines d’entreprises du continent participent au programme, dont plusieurs belges. Une partie de l’assemblage s’effectue même en Italie grâce à des composants venus de Belgique et d’Allemagne. Aux yeux de ses partisans, cela fait du F-35 un avion « plus européen » dans son fonctionnement industriel que le Rafale, conçu et produit presque entièrement en France. Ce discours ne fait pas l’unanimité en Belgique, où certains regrettent de ne pas avoir choisi le Rafale pour renforcer l’autonomie stratégique européenne. Mais il alimente un malaise persistant à Paris, où ce dossier reste un symbole de la concurrence entre alliés et des fragilités de la coopération militaire européenne.

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