Bagages cabines surfacturés : des compagnies aériennes dans le viseur 
Bagages cabines surfacturés : des compagnies aériennes dans le viseur 

Le ras-le-bol grandit face aux pratiques de certaines compagnies aériennes, accusées de transformer le simple transport d’un bagage cabine en véritable machine à cash. Ce mercredi 21 mai, quinze associations de consommateurs européennes, dont UFC-Que Choisir, ont saisi la DGCCRF (Répression des fraudes) et la Commission européenne pour dénoncer les politiques tarifaires jugées abusives de sept compagnies low cost : Easyjet, Norwegian, Ryanair, Transavia, Volotea, Vueling et Wizzair. En cause, des frais additionnels imposés pour l’emport de bagages à main de taille pourtant compatible avec la cabine. La plainte repose notamment sur une jurisprudence de 2014 de la Cour de justice de l’Union européenne, qui interdit toute facturation supplémentaire pour un bagage cabine dès lors que celui-ci respecte des critères « raisonnables » de taille et de poids, et n’enfreint pas les règles de sécurité. Or, selon UFC-Que Choisir, ces compagnies appliquent des frais systématiques pour des valises « dites cabines », variant fortement selon la distance ou la compagnie, et parfois jusqu’à 280 euros en cas de dépassement détecté à l’embarquement.

Une manne financière colossale pour les compagnies

Le phénomène est d’autant plus décrié qu’il représente un véritable pactole pour les transporteurs. D’après une enquête du Corriere della Sera, les compagnies low cost européennes auraient engrangé plus de 10 milliards d’euros en 2024 grâce aux frais de bagages à main. Dans le détail, l’étude montre que 120 bagages cabine alourdiraient le coût en kérosène d’environ 156 euros par vol, tandis que les revenus tirés des suppléments atteignent jusqu’à 3 000 euros. Une marge vertigineuse. Ces pratiques sont loin d’être isolées. En novembre dernier, l’Espagne a infligé 179 millions d’euros d’amendes à Ryanair, EasyJet, Vueling, Volotea et Norwegian pour facturation illégale de bagages à main. Plus récemment, un tribunal de Salamanque a ordonné à Ryanair de rembourser près de 150 euros à un passager pour des frais indûment perçus sur cinq vols. Dans ce contexte, les associations de consommateurs appellent l’Union européenne à profiter de la révision en cours du règlement sur les droits des passagers aériens pour mettre de l’ordre. Elles souhaitent que les règles définissant ce qui doit être compris dans le prix d’un billet soient clarifiées, notamment en ce qui concerne les bagages. À l’heure où le rail gagne en attractivité, elles soulignent que des opérateurs comme la SNCF ou Trenitalia permettent encore de voyager avec plusieurs valises sans aucun surcoût.

Partager