Le tribunal administratif de Toulouse rend ce jeudi sa décision très attendue sur la légalité du chantier de l’autoroute A69, reliant Castres à Toulouse. Depuis le début des travaux en mars 2023, les opposants ont multiplié les recours judiciaires pour tenter d’arrêter le projet, dénonçant son impact environnemental et contestant sa raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), un critère essentiel pour la validation du projet.
Lors de l’audience du 18 février dernier, la rapporteure publique a recommandé l’annulation des autorisations environnementales, estimant que les gains supposés de l’autoroute ne justifiaient pas les atteintes écologiques engendrées. Cette recommandation, si elle est suivie par le tribunal, pourrait entraîner l’arrêt immédiat du chantier. À l’inverse, si la justice valide les travaux, les recours se poursuivront certainement jusqu’au Conseil d’État.
Sur le terrain, les travaux ont déjà bien avancé : 65% du budget total du projet, soit 300 millions d’euros, ont été engagés, selon Atosca, le concessionnaire en charge de la construction. Les pro-A69 mettent en avant le désenclavement du sud du Tarn et les bénéfices économiques de cette nouvelle infrastructure, tandis que les opposants dénoncent un chantier aux conséquences écologiques irréversibles, notamment la destruction de zones boisées et la menace sur la biodiversité locale.
Si la justice annule l’arrêté préfectoral autorisant le chantier, ce serait une première historique en France, aucun projet autoroutier d’une telle envergure n’ayant jamais été stoppé pour des raisons environnementales. Quelle que soit la décision, la bataille juridique autour de l’A69 semble loin d’être terminée.