C’est l’un des procès antiterroristes les plus sensibles de l’année qui s’ouvre ce lundi à Paris : celui de Michaël Chiolo, 33 ans, détenu radicalisé ayant tenté d’assassiner deux surveillants pénitentiaires en 2019 dans la prison de Condé-sur-Sarthe. L’affaire, d’une violence inouïe, éclaire les failles béantes de la gestion des détenus islamistes en France.
Un projet prémédité dans une cellule transformée en repaire djihadiste
Le 5 mars 2019, Chiolo et sa compagne, Hanane Aboulhana, attaquent au couteau deux surveillants venus les voir dans une unité de vie familiale. Aux cris de « Allahou akbar », ils blessent grièvement leurs victimes avant de se retrancher. Après des heures de siège, le RAID donne l’assaut : Aboulhana est tuée, Chiolo blessé. Le tout était prémédité depuis des mois au sein d’un « club des cinq » détenus fanatisés, réunis régulièrement dans une salle de convivialité transformée en lieu de propagande islamiste. Malgré une pièce sous écoute, les services pénitentiaires n’ont pas empêché l’attaque.
L’attentat devait viser des magistrats et le directeur de la prison. Chiolo affirmait vouloir venger Chérif Chekatt, terroriste de Strasbourg abattu par la police. Les couteaux en céramique auraient été introduits par sa compagne, profitant de l’absence de fouille. Depuis, les surveillants sont traumatisés, les syndicats dénoncent un scandale sécuritaire, et les experts pointent une gestion confuse des profils radicalisés. Avec près de 800 islamistes ou radicalisés recensés en détention, ce procès pose une question : combien de bombes humaines dorment encore derrière les barreaux ?