C’est la fin d’un long jeu de cache-cache meurtrier. Joe Goldberg, alias Penn Badgley, tire sa révérence dans une cinquième et ultime saison de You, disponible depuis le 24 avril sur Netflix. Un retour aux sources, dans tous les sens du terme, qui promet une conclusion aussi spectaculaire que dérangeante.
Retour à New York et résurgence des démons
Après ses errances sanglantes à Los Angeles, Londres ou encore Paris, Joe revient là où tout a commencé : New York. Marié à la puissante Kate Lockwood, installé dans l’Upper East Side, père (à nouveau) de son fils Henry, il semble avoir mis un couvercle sur ses pulsions meurtrières. Propriétaire d’une librairie, il se fond dans la haute société new-yorkaise et s’invente une vie de famille stable. Mais évidemment, You ne serait pas You sans cette fine couche de vernis prête à craquer.
Dès les premiers épisodes, les masques tombent. La cage en verre emblématique de la première saison est de retour, nichée dans le sous-sol de l’ancienne librairie Mooney’s. Et Joe, fidèle à lui-même, succombe à une nouvelle obsession : Brontë, aspirante autrice énigmatique, qui entre dans sa vie comme une réminiscence de toutes les femmes qu’il a déjà tenté — puis échoué — à aimer sans tuer.
Entre satire sociale et ultime métamorphose
Si cette saison clôt l’arc narratif de Joe, elle se veut aussi plus politique. À travers la figure de Brontë, les créateurs dénoncent les dangers de la glorification des agresseurs, dans une société où l’apparence et la popularité effacent souvent la culpabilité. La série n’hésite pas à se regarder dans le miroir : l’héroïne devient une sorte de spectatrice amoureuse, comme l’ont été nombre de fans fascinés par Joe, malgré sa violence. Le message est clair, parfois appuyé : il n’a jamais été un héros romantique.
Dans le même temps, You explore les rouages d’une élite décadente à travers la famille Lockwood, belle-famille toxique dont les secrets et les ambitions ajoutent une couche de noirceur à l’intrigue. Trahisons, manipulations, querelles d’héritage : cette saison se nourrit des codes du thriller social, flirtant par moments avec l’univers de Succession ou Gossip Girl version macabre.
Les fans retrouveront aussi certains visages du passé, via flashbacks et hallucinations, qui rappellent à Joe — et au public — les cadavres laissés derrière. En filigrane, la série interroge la justice, les médias et les réseaux sociaux, devenus le théâtre de la chute programmée du personnage.
La saison 5 de You abandonne toute ambiguïté : Joe est un prédateur, un manipulateur, et cette dernière salve d’épisodes, plus grinçante que jamais, le met face à ses contradictions et à ses crimes. Qu’il tombe ou non, l’essentiel est dit : il est temps d’arrêter d’écouter sa voix intérieure.