Un prisonnier exécuté dans le Mississippi après 50 ans dans le couloir de la mort
Un prisonnier exécuté dans le Mississippi après 50 ans dans le couloir de la mort

Richard Jordan, l’un des plus anciens détenus du couloir de la mort aux États-Unis, a été exécuté ce mercredi par injection létale à l’âge de 79 ans. Sa mise à mort, confirmée par le Mississippi Department of Corrections, a été effectuée près d’un demi-siècle après sa condamnation pour le meurtre d’Edwina Marter en 1976.

Cette exécution marque la première dans le Mississippi depuis décembre 2022, selon le Death Penalty Information Center. Elle porte à 25 le nombre total d’exécutions recensées aux États-Unis en 2025, égalant déjà le nombre total enregistré pour toute l’année 2024.

Un meurtre en 1976 et une exécution en 2025

Le 14 janvier 1976, Richard Jordan enlève Edwina Marter, épouse d’un cadre bancaire à Gulfport (Mississippi), avant de l’exécuter d’une balle dans la tête. Peu après le meurtre, il exige une rançon de 25 000 dollars, que le mari de la victime paiera en pensant sa femme encore vivante.

Jordan sera rapidement arrêté et reconnu coupable de meurtre capital. Il est condamné à mort en mai 1976. Sa condamnation sera annulée à trois reprises dans les décennies suivantes, mais à chaque fois confirmée à nouveau. La Cour suprême du Mississippi a rejeté sa dernière demande de suspension en juin 2025.

Les derniers mots du condamné

Dans la chambre d’exécution du Mississippi State Penitentiary à Parchman, Richard Jordan a pris la parole pour exprimer des regrets : « Je tiens à présenter mes excuses à la famille. Je vous demande de me pardonner pour ce que j’ai fait. Pas d’oublier, mais de pardonner. »

Ses avocats avaient déposé une demande de clémence le 16 juin, mettant en avant son passé militaire : trois missions de combat au Vietnam comme mitrailleur d’hélicoptère, soit 33 mois de service actif, couronnés par plusieurs décorations. Ils ont aussi insisté sur le fait que les jurés n’avaient pas été informés du syndrome de stress post-traumatique dont souffrait Jordan, diagnostic établi des années après son procès initial.

« M. Jordan a servi son pays avec honneur, mais ce service l’a laissé brisé et psychologiquement marqué », avait plaidé son avocat dans la demande adressée au gouverneur Tate Reeves, qui a refusé de commuer la peine.

En face, les procureurs ont soutenu qu’il ne s’agissait pas d’un crime impulsif lié au stress, mais d’un acte prémédité : « Un tueur avide et de sang-froid », avait déclaré le procureur du comté de Harrison, rappelant que Jordan avait tué sa victime avant même de réclamer la rançon.

Le débat sur la peine de mort se poursuit

Selon les données actualisées du Death Penalty Information Center, 23 États américains ont aboli la peine de mort. Trois autres, Californie, Oregon et Pennsylvanie, appliquent un moratoire sur les exécutions par décision du gouverneur. Le Mississippi, lui, reste l’un des États les plus actifs en matière de peine capitale, malgré des périodes de pause dans les exécutions…

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