Le prêtre jésuite et économiste Gaël Giraud fait l’objet d’un signalement à la justice ainsi que d’une enquête interne de l’Église catholique, à la suite de plusieurs témoignages faisant état de soupçons de violences sexuelles, de manipulation psychologique et de pressions au sein de son entourage professionnel et spirituel.
La Compagnie de Jésus a confirmé avoir transmis un signalement au parquet de Paris le 25 novembre. Une enquête préliminaire canonique, relevant du droit interne de l’Église, a également été ouverte par la province d’Europe occidentale francophone des jésuites, à laquelle appartient Gaël Giraud, entré dans l’ordre en 2004 et ordonné prêtre en 2013.
Des accusations de dérives et d’emprise
Les témoignages, publiés par l’hebdomadaire La Vie, émanent de plusieurs anciens collaborateurs et proches. Une femme évoque une relation marquée par une emprise spirituelle et psychologique, ayant évolué vers des rapports sexuels qu’elle estime contraints. Une autre décrit une vision de la sexualité imposée sous pression.
Un ancien doctorant dénonce, pour sa part, un climat qualifié de « sectaire » au sein d’un laboratoire universitaire dirigé par Gaël Giraud à Washington, ainsi que des pratiques de pression quotidienne. Il l’accuse également de plagiat dans un article scientifique publié en 2022.
Gaël Giraud conteste l’ensemble des faits
Mis en cause, Gaël Giraud rejette « formellement et en bloc » toutes les accusations. Il les qualifie d’« allégations » et d’« insinuations », et affirme être la cible d’une campagne de diffamation coordonnée. Il indique également avoir déposé un signalement canonique pour harcèlement moral contre un responsable de son ordre religieux.
La Compagnie de Jésus rappelle que des mesures conservatoires ont été prises dès janvier 2024, comprenant notamment une interdiction de publication et un suivi psychologique, après le refus de ses vœux définitifs pour des « comportements inappropriés ». Figure engagée sur les questions économiques et écologiques, Gaël Giraud avait notamment été mis en avant lors de la « primaire populaire » en amont de l’élection présidentielle de 2022.