Sexe, drogues et menaces : un ex-assistant décrit les dérives de Diddy devant un tribunal fédéral
Sexe, drogues et menaces : un ex-assistant décrit les dérives de Diddy devant un tribunal fédéral

NEW YORK — L’ancien assistant personnel de Sean “Diddy” Combs a livré mercredi un témoignage accablant devant un tribunal fédéral de Manhattan, décrivant un quotidien rythmé par les excès sexuels, la consommation de drogues et une obsession pour le contrôle de l’image publique du magnat du hip-hop. George Kaplan, qui a travaillé pour Combs entre 2013 et 2015, a déclaré avoir régulièrement nettoyé les suites d’hôtel après les « marathons sexuels » du producteur, ramassant bouteilles d’alcool vides, drogues, lubrifiants et flacons d’huile pour bébé.

« C’était implicite que protéger Diddy et son image publique était important pour lui », a expliqué Kaplan aux jurés, ajoutant que cela faisait partie intégrante de son rôle. Il a également affirmé avoir livré à son patron une « trousse médicale » remplie de médicaments sur ordonnance et d’antidouleurs, et avoir été envoyé acheter des drogues, dont de la MDMA (ecstasy). Protégé par une immunité judiciaire, Kaplan a accepté de témoigner après avoir initialement invoqué son droit au silence.

Selon les procureurs, Combs s’appuyait sur son empire musical et de mode pour dissimuler et faciliter des actes graves, allant jusqu’à menacer ses employés pour les réduire au silence. Kaplan a affirmé avoir été régulièrement menacé de licenciement, notamment pour des motifs dérisoires comme l’achat d’une bouteille d’eau au mauvais format. Il aurait finalement quitté son poste après avoir vu Combs frapper violemment sa compagne de longue date, la chanteuse R&B Cassie.

Cassie, au cœur de cette affaire, a déjà témoigné que Combs l’avait soumise à des centaines de « freak-offs » — des orgies sexuelles impliquant souvent d’autres hommes. Elle a aussi affirmé que Combs, furieux de sa brève relation avec le rappeur Kid Cudi en 2011, avait fait exploser la voiture de ce dernier. Cudi, de son vrai nom Scott Mescudi, doit témoigner à son tour.

Lors de l’audience, un agent fédéral a également présenté deux armes à feu, des munitions et une boîte marquée « Puffy » (un surnom de Combs), tous retrouvés lors d’une perquisition au domicile du chanteur en Floride. La boîte contenait selon les enquêteurs de la psilocybine, de la MDMA et d’autres substances illicites. Des dizaines de flacons d’huile et de lubrifiants auraient également été découverts, preuves selon eux des « freak-offs ».

Diddy a plaidé non coupable des accusations de trafic sexuel et de racket. Ses avocats affirment que l’affaire relève davantage de violences conjugales que d’une entreprise criminelle. Les procureurs, eux, soutiennent que Combs a utilisé sa notoriété et sa richesse pour exercer une emprise violente sur plusieurs victimes, notamment Cassie.

Une psychologue, appelée à la barre par l’accusation, a expliqué les mécanismes psychologiques qui poussent certaines victimes à rester sous l’emprise de leurs agresseurs, malgré les abus. Bien qu’elle n’ait pas mentionné Cassie ou Combs directement, son témoignage recoupait les récits de l’artiste.

Le procès se poursuit jeudi avec la suite du témoignage de Kaplan, suivi de celui de Kid Cudi.

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