Lors de l’audience d’aujourd’hui du procès de Cédric Jubillar, le tribunal a examiné en détail les tensions au sein du couple, les tentatives d’espionnage de Cédric envers son épouse, leurs difficultés financières et le déroulement de la procédure de divorce avant la disparition de Delphine. Voici les principaux éléments présentés et discutés devant la cour.
Les raisons de l’espionnage : entre jalousie et inquiétude
Cédric Jubillar a admis avoir espionné Delphine à la rentrée 2020, alors qu’elle menaçait de quitter le foyer. « Je voulais savoir si elle me quittait parce qu’elle en avait marre de moi ou parce qu’elle avait rencontré quelqu’un d’autre », a-t-il déclaré.
Lors de la nuit des étoiles en août 2020, Delphine n’avait pas répondu à plusieurs appels, éveillant les soupçons de son mari : « Pour moi, on ne s’endort pas devant les étoiles… après, c’est mon avis ». En septembre, il a tenté de géolocaliser son téléphone via celui de sa mère, Nadine Fabre, tout en refusant d’assumer cette démarche : « J’avais honte, je préférais dire que c’était ma mère ». Durant l’automne, il a également essayé d’accéder au compte Messenger de son épouse.
Cédric Jubillar a expliqué que ces démarches visaient à se protéger au cas où elle refuserait un divorce à l’amiable. Selon lui, « il y avait une chance pour que ça recolle entre nous ».
Cédric Jubillar n’acceptait pas l’idée du divorce
L’accusé affirme avoir accepté l’idée du divorce après un rendez-vous avec son avocat en novembre 2020. Pourtant, plusieurs témoins ont déclaré qu’il refusait catégoriquement de divorcer. Anne Sirven a évoqué, le 20 novembre, une conversation avec Cédric allant dans ce sens.
Face à la magistrate, il a déclaré : « Dans tous les cas, je ne voulais pas, mais je n’avais pas le choix. Par amour pour Delphine, je l’ai accepté ». Début décembre, les enquêteurs ont retrouvé de nombreux messages d’amour envoyés par Cédric à Delphine, accompagnés d’un rapport intime. Il espérait que leur relation puisse se reconstruire : « Je l’aimerai toujours, elle restera la mère de mes enfants et une place importante dans mon cœur ».
Un couple en crise à l’été 2020
À l’été 2020, le couple traversait une période très difficile. Le 6 août, la voiture de Cédric a été immobilisée par les gendarmes, déclenchant chez Delphine un sentiment de ras-le-bol. Dans leurs échanges de messages, elle écrit : « J’ai bien l’intention de me barrer… je vais chercher une solution ailleurs », tandis que lui répond : « Je ne comprends pas, je ne t’ai rien fait ».
Delphine évoque également la maison inachevée, la chambre de leur fille de 18 mois, la voiture immobilisée et la précarité professionnelle de Cédric. Celui-ci promet de « rattraper les choses » et de « tout faire pour changer ».
Les finances du couple passées au crible
Delphine disposait de deux contrats d’assurance-vie (6 649 € et 1 850 €), dont Cédric affirme ignorer l’existence, les considérant comme de l’épargne. Son ex-compagne Séverine a cependant déclaré qu’il espérait toucher 7 000 € via ces contrats, ce qu’il dément.
Le couple n’avait jamais de compte commun. Après l’achat du terrain à Cagnac-les-Mines en 2012 et la construction d’une maison inachevée, Cédric remboursait 350 € par mois pour le terrain, tandis que Delphine payait 530 € pour le crédit immobilier. L’accusé a reconnu avoir travaillé principalement au noir et parfois prélever de l’argent sur le compte de son épouse, provoquant des tensions financières. Avant la disparition, il avait postulé à un CDI qu’il n’a pas obtenu, aggravant la situation économique du couple.
Les sites de rencontre
Les avocats ont interrogé Cédric sur ses démarches en ligne. Il avait installé plusieurs applications entre avril et novembre 2020 : One, Tinder, MyDates, Meetic, Adopte un Mec, Badoo, Hugavenue et Bumble. Il a prétendu que ces installations aient servi à surveiller son épouse.
« Je m’énerve vite, je crie, mais je redescends aussi vite«
Cédric Jubillar nie tout acte de violence physique envers Delphine. Il reconnaît un tempérament impulsif: « Je m’énerve vite, je crie, mais je redescends aussi vite ». Selon lui, les disputes étaient « banales » avant la demande de divorce, mais sont devenues plus intenses ensuite. Les témoignages relatant des altercations physiques seraient, selon lui, mensongers.
Pour rappel, le couple s’est rencontré en 2007, a résidé à Albi de 2008 à 2010, s’est marié en 2013, puis a emménagé à Arthès et enfin à Cagnac-les-Mines en 2014. Cédric admet avoir eu « deux ou trois aventures sans lendemain » avant 2009. Il décrit son comportement avec Delphine comme celui d’un « vulgaire personnage », utilisant parfois des propos grossiers ou rabaissants, sans gravité dramatique.
Selon l’expert psychologue, Cédric souhaite maintenir une haute opinion de lui-même et être reconnu. Il aurait exprimé « des mots très rejetants » envers son épouse et ressenti avoir été « pris pour un con », situation jugée insupportable pour lui.