NEW YORK — L’avocat de Sean “Diddy” Combs a exhorté vendredi les jurés à acquitter le célèbre producteur de hip-hop, dénonçant un dossier judiciaire « grossièrement exagéré » qui transformerait la vie privée de son client en une affaire de crime organisé. Lors d’une plaidoirie finale de quatre heures, l’avocat Marc Agnifilo a multiplié les sarcasmes et les attaques contre les procureurs fédéraux, estimant qu’ils avaient construit une affaire de trafic sexuel sur la base d’un mode de vie libertin et d’une consommation de drogue assumée.
« Il n’est rien de tout cela. Il est innocent », a martelé Agnifilo, en désignant Combs du regard. Le jury doit entamer ses délibérations lundi. Combs, vêtu simplement d’un pull et d’un pantalon kaki, est resté attentif tout au long de la plaidoirie, contrastant avec son attitude effacée la veille.
Le parquet, de son côté, a répondu par la voix de l’assistante procureure Maurene Comey, qui a accusé la défense de vouloir détourner l’attention des « comportements criminels inexcusables » de Combs. « Dans le monde de Sean Combs, le mot ‘non’ n’était jamais une option », a-t-elle affirmé.
Au cœur des accusations, des témoignages de femmes, dont son ex-compagne Cassie (Casandra Ventura), affirmant que Combs les aurait contraintes à des orgies sous drogues, appelées « freak-offs » ou « nuits d’hôtel », souvent en compagnie de travailleurs du sexe masculins, pendant qu’il regardait, dirigeait et filmait. L’un des témoignages les plus médiatisés est soutenu par une vidéo datant de 2016 où l’on voit Combs agresser Cassie dans un hôtel de Los Angeles.
Agnifilo a reconnu des actes de violence mais a réfuté leur qualification en crimes fédéraux, ridiculisant les autorités qui ont saisi du lubrifiant et de l’huile pour bébé lors de perquisitions. « Où est la scène de crime ? Dans votre vie sexuelle privée », a-t-il lancé aux jurés. Il a aussi suggéré que les nombreuses accusations portées contre son client étaient motivées par des intérêts financiers, citant la plainte de Cassie, qui s’était soldée par un accord à 20 millions de dollars.
Le ministère public accuse également Combs d’avoir orchestré, avec l’aide de ses employés, un vaste réseau de trafic sexuel. Une accusation que l’avocat balaie d’un revers : « Si vous croyez à ce complot, alors il faut plus de ruban jaune de scène de crime que dans Les Dents de la mer », a-t-il plaisanté.
Combs, qui n’a pas témoigné à son procès, encourt la prison à vie s’il est reconnu coupable. Son entourage familial était présent dans la salle d’audience, tout comme de nombreux avocats. Les jurés, eux, sont restés impassibles en quittant la salle, sans accorder un regard au prévenu.