Le procès du rappeur Booba, poursuivi pour injures publiques à caractère discriminatoire et cyberharcèlement aggravé, a été renvoyé au 1er avril par le tribunal correctionnel de Paris. L’audience initiale, qui devait avoir lieu aujourd’hui, n’a pas pu se tenir car le rappeur, actuellement installé aux États-Unis, était absent. Son avocate, Me Ilana Soskin, a indiqué qu’il était « souffrant », sans préciser la nature exacte de son état de santé, et qu’« il aimerait pouvoir être entendu et être présent ».
Booba devait répondre de messages publiés en janvier 2024 sur le réseau X visant une journaliste de France Télévisions, Linh‑Lan Dao, et un essayiste, Tristan Mendès France. La journaliste entend se constituer partie civile dans cette affaire.
Des injures et du cyberharcèlement
Concernant Linh‑Lan Dao, Booba est poursuivi pour cyberharcèlement aggravé et injures publiques à caractère discriminatoire. Son avocate a déclaré que « le harcèlement qu’elle a subi et les injures à raison de son origine qui ont été proférées par Booba, suivies et relayées par des centaines d’internautes, ne peuvent rester impunis, d’autant qu’elle n’a fait que son métier : informer ».
Pour Tristan Mendès France, spécialiste des cultures numériques à l’université Paris-Cité, Booba est accusé d’avoir publié des messages où il écrivait : « Il est nez avant la honte », accompagné d’une photographie le comparant au tueur en série Francis Heaulme, et d’un autre message : « nezfaste ». L’essayiste a précisé qu’il n’était pas à l’origine de la procédure et n’avait pas l’intention de se constituer partie civile.
Il a néanmoins relevé que « avec son empreinte sur X, ses messages ont déclenché un flot spectaculaire de commentaires antisémites ». Il a également rappelé le contexte historique de son nom de famille, lié à Pierre Mendès France, ancien chef du gouvernement français, en soulignant que « l’effigie [de son aïeul] avait été brandie lors de l’exposition pétainiste sur les Juifs ».
Une situation judiciaire déjà complexe
Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, a été mis en examen dans d’autres affaires de harcèlement moral en ligne, notamment depuis octobre 2023 à l’encontre de l’ex-influenceuse Magali Berdah et de Demdem, ancienne compagne de son rival Gims. Dans ces dossiers, il fait face à des accusations similaires de harcèlement et de publications injurieuses sur les réseaux sociaux.