Le procès en diffamation visant Judith Godrèche, actrice et réalisatrice, se tiendra les 29 et 30 mars 2027 devant la 17ᵉ chambre du tribunal judiciaire de Paris. Cette audience opposera l’actrice et réalisatrice au cinéaste Jacques Doillon, à l’origine de la plainte. La décision a été prise à l’issue d’une audience dite de fixation, organisée le 19 février, qui a permis d’arrêter officiellement le calendrier judiciaire.
Une procédure née d’un message public
À l’origine de ce contentieux, une publication diffusée sur Instagram par Judith Godrèche le 22 février 2024. Dans ce message, elle réagissait à un article de presse évoquant la filmographie de Jacques Doillon et écrivait notamment : « En 2022, ce journal écrit que la spécialité de Doillon est de tourner avec des enfants. Il manque une phrase : avec qui il couche. J’en sais pourtant quelque chose. » Le réalisateur a choisi de déposer plainte pour diffamation le 8 mars 2024, date symbolique correspondant à la Journée internationale des droits des femmes.
Lors de l’audience de février, Jacques Doillon n’était pas présent, invoquant des raisons de santé. Sa défense a toutefois précisé que sa participation aux audiences de mars 2027 dépendra de son état au moment des faits. Judith Godrèche, en revanche, s’est présentée devant le tribunal. Visiblement émue, elle n’a pas souhaité prendre la parole, ni directement ni par l’intermédiaire de son avocate, Laure Heinich.
Dans la salle d’audience, plusieurs personnalités et militantes féministes avaient fait le déplacement pour soutenir la réalisatrice. Parmi elles, Hélène Devynck, assise aux côtés du compagnon de Anouk Grimberg, a dénoncé ce qu’elle considère comme une instrumentalisation de la justice. Selon elle, les procédures en diffamation ou en dénonciation calomnieuse sont fréquemment utilisées pour intimider celles qui prennent la parole.
« Le monde judiciaire à l’envers »
À l’extérieur du tribunal, des militantes ont également exprimé leur indignation. Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol, a dénoncé une situation qu’elle juge paradoxale. Elle rappelle que Judith Godrèche a déposé plainte pour viol et agression sexuelle concernant des faits anciens, aujourd’hui menacés par la prescription, alors que c’est désormais elle qui se retrouve mise en cause dans une procédure pénale.
Sur le parvis du Palais de justice, plusieurs dizaines de militantes issues de collectifs féministes se sont rassemblées, malgré la pluie, pour manifester leur solidarité. Certaines dénonçaient ce qu’elles appellent des « procédures-bâillons », estimant que ces actions judiciaires participent à décourager la parole des victimes et de leurs soutiens. Des slogans et banderoles rappelaient que, pour ces militantes, la reconnaissance des victimes reste un enjeu central.
Avant de quitter les lieux, Judith Godrèche a brièvement salué les personnes venues la soutenir. Le rendez-vous est désormais fixé à mars 2027, une échéance encore lointaine qui prolonge l’attente judiciaire.