Imad Tintin condamné à Grenoble : six mois de procédure pour une simple amende
Imad Tintin condamné à Grenoble : six mois de procédure pour une simple amende

Le feuilleton judiciaire aura duré près de six mois. Hier mardi 10 juin, l’influenceur algérien Imad Tintin, de son vrai nom Imad Ould Brahim, a été reconnu coupable de menaces par le tribunal de Grenoble. Il écope d’une simple amende de 450 euros, bien loin des sept ans de prison initialement évoqués. Tout commence en janvier, lorsqu’une vidéo publiée sur TikTok par l’influenceur de 31 ans déclenche une enquête judiciaire. Il y aurait appelé à « brûler vif, tuer et violer sur le sol français », selon une première traduction. Des propos immédiatement qualifiés de « provocation à un acte de terrorisme » par le parquet. Imad Ould Brahim est placé en détention provisoire et devient le symbole d’un climat diplomatique déjà tendu entre la France et l’Algérie.

Une requalification qui change tout

Mais très vite, la défense conteste la fiabilité de la traduction. Une expertise est ordonnée, les audiences sont reportées, et les accusations sont finalement requalifiées en « menaces de commettre des violences ». La condamnation tombe : une amende symbolique de 450 euros. Me Alexandre Rouvier, avocat du prévenu, dénonce un emballement médiatique et politique. Il estime que « tout cela aurait pu être évité si l’enquête avait été menée sérieusement », fustigeant l’intervention du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui avait jugé publiquement les propos d’Imad Tintin « ignobles ». L’affaire, survenue en pleine crise diplomatique entre Paris et Alger, aura contribué à nourrir les tensions. Ce procès, censé juger des mots, aura surtout illustré le poids des interprétations dans un contexte déjà explosif.

Partager