Harcèlement de Maeva Ghennam : le parquet requiert des peines de prison avec sursis
Harcèlement de Maeva Ghennam : le parquet requiert des peines de prison avec sursis

Le procès du cyberharcèlement de Maeva Ghennam a révélé des visages inattendus dans le box des prévenus. Devant le tribunal correctionnel de Paris, sept jeunes de 20 à 35 ans – étudiants en médecine, élèves infirmières, futurs managers – ont comparu pour les menaces et insultes racistes subies par l’influenceuse après son soutien aux Palestiniens en octobre 2023. Des profils éloignés de l’image traditionnelle des harceleurs en ligne.

L’audience a été marquée par les excuses tremblantes de Lola, 24 ans, élève infirmière : « J’ai honte de moi, honte d’être devant vous ». Comme les autres prévenus, elle explique avoir réagi « sous le coup de l’émotion » après les attaques du 7 octobre. Jonathan, étudiant en médecine dentaire, reconnaît avoir envoyé le message « on va s’occuper de toi » mais tente de le minimiser, affirmant qu’il évoquait des poursuites judiciaires.

Un cas d’usurpation d’identité

Parmi les accusés, un homme se distingue nettement. Loïc Lugiéry, 34 ans, clame son innocence et assure être victime d’usurpation d’identité. Son argumentation a convaincu le parquet, qui a requis sa relaxe, estimant qu’« il n’y a plus de doute » quant à son innocence. Il aurait été impliqué malgré lui à cause d’un numéro de téléphone recyclé.

L’influenceuse, absente à l’audience, a décrit dans ses dépositions les conséquences dramatiques de cette vague de haine : perte de sa « joie de vivre », peur permanente, difficulté à revenir en France. Alors que le parquet a requis des peines allant de quatre mois à un an de prison avec sursis contre les six autres prévenus, ce procès révèle combien l’emballement collectif sur les réseaux sociaux peut entraîner des dérives aux conséquences durables, même chez des jeunes au parcours jusque-là irréprochable.

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