NEW YORK — L’ancien assistant personnel de Sean « Diddy » Combs a livré jeudi un témoignage accablant devant un tribunal fédéral new-yorkais, affirmant que le magnat du hip-hop l’avait agressée sexuellement et soumise à des années de violences physiques et psychologiques lors de ses huit années de travail à son service.
Identifiée sous le pseudonyme « Mia » pour protéger son identité, la plaignante a décrit en détail plusieurs agressions commises par Combs, notamment lors de sa fête d’anniversaire en 2009, où il lui aurait mis la main sous la robe avant de l’embrasser de force. Elle affirme également avoir été contrainte de lui pratiquer une fellation pendant qu’elle l’aidait à faire ses valises, puis violée en 2010 dans une chambre d’amis de sa résidence de Los Angeles. « Je ne pouvais rien lui refuser », a-t-elle déclaré, visiblement bouleversée. « J’étais terrifiée, confuse, honteuse, et effrayée. »
Mia a également accusé Combs d’avoir à plusieurs reprises usé de violence physique, notamment en la jetant dans une piscine, en lui renversant un seau de glace dessus, ou en lui claquant une porte contre le bras. Elle a évoqué un environnement de travail toxique et chaotique, dicté par l’humeur instable de la star, où les employés vivaient dans l’angoisse permanente d’un accès de colère. À une occasion, Combs aurait lancé un ordinateur contre elle, furieux de ne pas avoir de connexion Wi-Fi.
Ce témoignage fait écho à celui de Cassie, chanteuse R&B et ex-compagne de Combs, qui avait elle aussi décrit au tribunal des années d’abus et de coercition. Elle affirme avoir été contrainte de participer à des « freak-offs », des orgies alimentées par la drogue où elle devait avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes sous les ordres et le regard de Combs. Une troisième femme, identifiée comme « Jane », doit encore témoigner à ce sujet.
Combs, âgé de 55 ans, plaide non coupable des accusations de traite sexuelle et de racket. Ses avocats reconnaissent qu’il a pu être violent, mais contestent qu’il ait utilisé son influence pour contraindre ou intimider. Le juge Arun Subramanian a autorisé plusieurs témoins à témoigner sous pseudonyme pour garantir leur sécurité.
Mia a également raconté avoir assisté à des scènes de violence conjugale entre Combs et Cassie, dont un épisode particulièrement brutal en 2013 au domicile de cette dernière. Combs aurait alors frappé la chanteuse à la tête contre un lit, provoquant une large entaille, et projeté Mia contre un mur lorsqu’elle avait tenté d’intervenir.
Elle a conclu en affirmant que durant cette période, elle n’avait pas le droit de quitter la propriété sans l’autorisation de Combs, ni même de verrouiller sa porte. « C’est chez moi. Personne ne verrouille mes portes », aurait-il dit. Toujours amie avec Cassie, Mia a expliqué qu’elle n’aurait jamais révélé son histoire sans cette convocation au procès : « J’allais emporter cela dans ma tombe. »