Le procès pour trafic sexuel de Sean « Diddy » Combs a connu un tournant spectaculaire mardi, avec le témoignage explosif de son ancienne collaboratrice Capricorn Clark. Selon ses déclarations devant le tribunal fédéral de New York, l’icône du hip-hop l’aurait enlevée sous la menace d’une arme pour l’entraîner dans un plan visant à assassiner le rappeur Kid Cudi, en décembre 2011. Ces accusations s’inscrivent dans une affaire tentaculaire où le ministère public entend démontrer que Combs a dirigé, pendant deux décennies, une conspiration criminelle mêlant violences, coercition et intimidation.
Capricorn Clark, ex-directrice mondiale de la marque Bad Boy Entertainment, a déclaré que Combs l’avait menacée de mort dès son premier jour de travail, avant de l’impliquer dans plusieurs événements traumatisants au fil des années. Elle a évoqué un épisode glaçant : le jour où, armé, Combs se serait rendu à son domicile pour la contraindre à le suivre dans une voiture jusqu’à la résidence de Kid Cudi à Los Angeles. En route, Combs lui aurait déclaré : « On va tuer Cudi. »
Ce témoignage corrobore celui livré quelques jours plus tôt par Kid Cudi lui-même — de son vrai nom Scott Mescudi — qui avait raconté avoir reçu un appel paniqué de Clark, alors stationnée devant sa maison, affirmant que Combs l’avait enlevée et voulait le tuer. Cudi, alerté, aurait quitté les lieux avant que Combs et un garde du corps n’entrent chez lui. D’après Clark, Combs aurait ensuite tenté de poursuivre le rappeur, mais aurait abandonné la traque en croisant des véhicules de police.
Clark a également décrit comment, au retour de cette expédition, Combs aurait ordonné à ses proches de convaincre Kid Cudi qu’il n’était pas derrière l’incident. « Si vous ne lui faites pas croire ça, je vous tuerai tous », aurait-il lancé, selon la témoin.
Le ministère public s’est aussi intéressé aux premières années de Clark auprès de Combs, débutées en 2004. Elle a témoigné que l’artiste, se méfiant de ses anciens liens professionnels avec d’autres rappeurs, l’avait emmenée dès le départ dans un parc new-yorkais de nuit, affirmant qu’il la tuerait si cela posait problème. Plus tard, après la perte de bijoux qu’elle devait transporter à Miami, elle aurait été enfermée pendant cinq jours dans un bâtiment quasi vide, soumise à des tests au détecteur de mensonge, sous la menace d’être « jetée dans l’East River » en cas d’échec.
Sean Combs, âgé de 55 ans, nie toutes les accusations portées contre lui. Il a plaidé non coupable aux multiples chefs d’inculpation, incluant des faits de racket et d’abus envers son ex-compagne Cassie (de son vrai nom Casandra Ventura), ainsi que d’autres victimes présumées. S’il est reconnu coupable, il encourt une peine allant de 15 ans à la réclusion à perpétuité.
Alors que ce procès entre dans sa troisième semaine, les révélations s’accumulent et dressent le portrait d’un homme habitué à recourir à la violence et à l’intimidation pour affirmer son pouvoir. Un procès hors norme qui pourrait marquer la chute définitive d’une figure majeure de l’industrie musicale américaine.