Crime organisé : Raúl Rocha, copropriétaire de Miss Univers, aperçu à Paris malgré un mandat d’arrêt au Mexique. (DR)
Crime organisé : Raúl Rocha, copropriétaire de Miss Univers, aperçu à Paris malgré un mandat d’arrêt au Mexique. (DR)

Raúl Rocha Cantú, homme d’affaires mexicain et copropriétaire de l’organisation Miss Univers, a été aperçu le 23 décembre dans un établissement de luxe à Paris, alors qu’il fait l’objet de poursuites pénales au Mexique pour des faits graves liés au crime organisé.

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent Rocha Cantú installé dans un hôtel prestigieux de la capitale française, visiblement détendu, alors même que les autorités mexicaines tentent de le localiser dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours. Selon plusieurs journalistes, il passerait les fêtes de fin d’année en France.

Des accusations lourdes et un mandat d’arrêt en vigueur

La justice fédérale mexicaine enquête depuis fin 2024 sur Raúl Rocha Cantú pour criminalité organisée, notamment pour des liens présumés avec le trafic de carburant volé, connu sous le nom de “huachicol”, ainsi que le trafic d’armes et de stupéfiants.

Un mandat d’arrêt fédéral a été émis à la mi-novembre 2025, après que l’homme d’affaires a manqué plusieurs convocations judiciaires. Les autorités estiment qu’il se serait soustrait à la justice, ce qui a conduit à son classement comme fugitif.

Initialement, Rocha Cantú bénéficiait d’un statut de témoin collaborateur, lequel lui offrait une certaine protection judiciaire. Ce statut lui a toutefois été retiré lorsque les procureurs ont constaté qu’il ne respectait plus ses obligations légales et que ses adresses déclarées ne pouvaient être vérifiées.

Ses avoirs gelés suite aux soupçons de financement criminel

Dans le cadre de l’enquête, les autorités financières mexicaines ont procédé au gel des comptes bancaires de Raúl Rocha Cantú. L’enquête porte sur un réseau structuré impliquant des flux financiers, des infrastructures logistiques et des connexions avec des groupes criminels organisés, notamment dans le vol et la revente de carburant.

Les procureurs soupçonnent que certaines entreprises liées à Rocha Cantú auraient servi à blanchir de l’argent ou à faciliter des opérations illégales.

Une présence en France qui interroge

À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été émise par les autorités françaises concernant la présence de Raúl Rocha Cantú sur le territoire national. De même, aucune information publique ne confirme l’existence d’une demande d’extradition formelle de la part du Mexique.

Cette situation soulève des interrogations sur la manière dont l’homme d’affaires a pu quitter le Mexique, alors qu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt, et sur une éventuelle protection politique ou institutionnelle dont il bénéficierait.

Alors que Raúl Rocha Cantú demeure libre à l’étranger, la question reste entière : fera-t-il un jour face à la justice mexicaine, ou ses réseaux d’influence continueront-ils à le protéger ?

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