Des chercheurs ont découvert qu’un simple examen de l’œil permettant de mesurer l’épaisseur d’une partie de la rétine pouvait prédire l’apparition du délire ou d’hallucinations après une intervention chirurgicale. Cette méthode pourrait aider à identifier les patients les plus à risque après une opération.
L’étude a été menée par des chercheurs de l’hôpital psychiatrique de Shanghai (Chine) et publiée en avril dans la revue General Psychiatry. Le site EurekAlert a relayé les résultats.
Une méthode non invasive pour prédire une complication fréquente
L’importance de cette étude réside dans le fait qu’elle propose une méthode non invasive pour détecter précocement les personnes susceptibles de développer un délire postopératoire — une complication fréquente et sérieuse chez les personnes âgées après une opération. Ce trouble peut prolonger la durée d’hospitalisation, augmenter les besoins en soins de longue durée et accroître le risque de déclin cognitif ou de démence.
Une étude sur des patients âgés
L’étude a porté sur 169 patients âgés de 65 ans ou plus ayant subi diverses interventions, comme un remplacement de la hanche ou du genou, ou des chirurgies des reins et de la prostate, à l’hôpital populaire n°10 de Shanghai. Avant l’opération, tous les participants ont subi un examen de la rétine par tomographie par cohérence optique (OCT) afin de mesurer l’épaisseur de la macula — une région centrale de la rétine responsable de la vision nette.
Épaisseur de la macula et risque de délire
Les résultats ont montré que 40 patients (soit environ 24 % des participants) ont souffert de délire après leur opération. Chez ces patients, l’épaisseur de la macula dans l’œil droit était significativement plus grande que chez ceux n’ayant pas eu de délire. L’étude a également révélé que cette épaisseur accrue de la macula dans l’œil droit avant l’opération était associée à un risque plus élevé et à une gravité accrue du délire postopératoire.
Fait étonnant : aucun lien similaire n’a été observé pour l’œil gauche, une observation que les chercheurs ne sont pas encore en mesure d’expliquer.
Vers un outil de dépistage efficace ?
Selon les auteurs, ce test visuel par OCT pourrait devenir un outil de dépistage efficace pour identifier les patients les plus vulnérables avant une opération nécessitant une anesthésie, et permettre une prise en charge préventive.
Cependant, les chercheurs soulignent que l’étude comporte des limites : le nombre restreint de participants et l’absence de prise en compte de certains facteurs de confusion possibles. Des études plus larges seront nécessaires pour confirmer ces résultats prometteurs.