Tuberculose : le Royaume-Uni en alerte. Et la France ?
Tuberculose : le Royaume-Uni en alerte. Et la France ?

Le Royaume-Uni croyait avoir laissé la tuberculose derrière lui. Mais la maladie refait surface. En 2024, les cas ont bondi de 13 % en Angleterre, marquant la plus forte hausse depuis plus de vingt ans. Un signal d’alarme pris au sérieux par les autorités sanitaires, qui lancent l’élaboration d’un nouveau plan national pour tenter de reprendre le contrôle.

Une maladie ancienne, un défi bien actuel

Longtemps cantonnée à l’image d’un fléau du passé, la tuberculose n’a jamais totalement disparu. Et aujourd’hui, elle progresse à nouveau. Selon l’agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), l’Angleterre n’est plus très loin du seuil au-delà duquel l’Organisation mondiale de la santé ne la considérera plus comme une zone à faible incidence. En réponse, le gouvernement britannique annonce la création d’un plan de lutte pour la période 2026-2031. Objectif : améliorer la prévention, le dépistage et le traitement. Ce plan sera co-construit avec les professionnels de santé, les chercheurs, les décideurs et les personnes directement touchées. L’idée : s’appuyer sur le terrain pour mieux cibler les actions.

La pauvreté, angle mort de la lutte

Le constat est sans appel : 80 % des personnes atteintes de tuberculose en 2023 au Royaume-Uni sont nées à l’étranger. La maladie touche en priorité les plus vulnérables : personnes sans abri, usagers de drogue, personnes en situation de précarité. Le lien entre pauvreté et tuberculose est documenté, mais reste encore sous-estimé dans les politiques publiques. La directrice de l’unité tuberculose de l’UKHSA, Esther Robinson, résume le paradoxe : « La tuberculose est évitable et guérissable, pourtant elle persiste. Et elle revient. » L’OMS alerte de son côté sur un autre danger : celui des formes résistantes aux antibiotiques, favorisées par des traitements inachevés ou mal suivis. La France, pour l’instant, reste en zone de faible incidence, même si certains territoires comme Mayotte, la Guyane ou l’Île-de-France sont plus exposés. Le retour de cette vieille ennemie impose une vigilance nouvelle, à l’échelle de l’Europe comme du monde. Car la tuberculose, elle, ne connaît pas de frontières.

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