Un nouveau variant du SARS-CoV-2, baptisé NB.1.8.1, vient d’être identifié pour la première fois sur le sol français, a révélé BFMTV en s’appuyant sur les données du Centre national de référence des infections respiratoires de Lyon, en charge du suivi des variants émergents. Cette souche, responsable d’une forte résurgence épidémique en Chine ces dernières semaines, est désormais surveillée de près par les autorités sanitaires françaises et européennes.
Un variant émergent sous haute surveillance
Détecté pour la première fois en Asie en mars 2025, le variant NB.1.8.1 est issu de la lignée Omicron, mais présente plusieurs mutations supplémentaires sur la protéine Spike, notamment L452R, F486P et Q613H, qui pourraient le rendre à la fois plus transmissible et potentiellement plus résistant à l’immunité vaccinale ou post-infectieuse, selon les premières analyses du Centre chinois de contrôle des maladies.
En Chine, NB.1.8.1 serait actuellement responsable de plus de 30 % des nouvelles infections à Pékin et Shanghai, d’après les données rendues publiques par le ministère chinois de la Santé. Plusieurs hôpitaux ont été contraints d’ouvrir à nouveau des unités Covid, face à une hausse soudaine des hospitalisations.
Une première détection en France dans le Rhône
C’est dans le département du Rhône qu’un premier cas a été formellement séquencé par le CNR de Lyon. Le patient, un homme d’une cinquantaine d’années, n’avait pas voyagé récemment, suggérant une circulation communautaire déjà amorcée. Il souffrait de symptômes modérés (toux, fièvre, fatigue) et n’a pas nécessité d’hospitalisation. L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a lancé une enquête pour retrouver les contacts et évaluer la présence éventuelle de chaînes de transmission locales.
Des signaux à l’international
Le variant NB.1.8.1 n’est pas une surprise pour les experts. Depuis plusieurs semaines, il est répertorié sur la base de données internationale GISAID, avec des cas sporadiques signalés en Corée du Sud, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne. Toutefois, la France était jusqu’ici épargnée.
L’European Centre for Disease Prevention and Control a inscrit NB.1.8.1 sur sa liste des variants “sous surveillance renforcée” début mai. Le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires en France a également été saisi par le ministère de la Santé pour évaluer les risques potentiels liés à cette nouvelle souche.
Faut-il s’inquiéter ?
Pour l’instant, les scientifiques appellent à la prudence mais non à l’alarmisme. “Il est encore trop tôt pour déterminer si NB.1.8.1 provoque des formes plus graves de la maladie ou s’il échappe totalement à l’immunité”, indique le professeur Bruno Lina, virologue au CNR de Lyon. “Mais son expansion rapide en Chine et sa résistance partielle aux anticorps in vitro en font un variant à surveiller de très près.”
Les vaccins actuellement disponibles, notamment les versions bivalentes de Pfizer et Moderna, pourraient offrir une protection partielle, mais des études complémentaires sont en cours, notamment à l’Inserm et à l’Institut Pasteur.
Un retour des gestes barrières ?
Le ministère de la Santé n’a pour l’instant pas réactivé de mesures restrictives, mais appelle à la vigilance, notamment pour les personnes fragiles. “Il n’est pas question de reconfinement, mais d’un rappel des gestes simples : lavage des mains, aération des lieux clos, port du masque en cas de symptômes”, a déclaré un porte-parole de la Direction générale de la santé.
Vers une nouvelle vague ?
La détection du variant NB.1.8.1 intervient dans un contexte de relâchement de la surveillance épidémiologique en France, avec une baisse du nombre de tests et une disparition progressive des indicateurs Covid des médias. Cette nouvelle donne pourrait contraindre les autorités à réintensifier les campagnes de dépistage et de séquençage dans les semaines à venir.
L’Organisation mondiale de la santé n’a pas encore classé NB.1.8.1 comme “variant préoccupant”, mais surveille activement son évolution. “Chaque nouveau variant est un rappel que le virus n’a pas disparu, et que notre vigilance ne doit pas faiblir”, a rappelé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un point presse à Genève.
Un seul cas détecté, mais une attention maximale : l’identification du variant NB.1.8.1 en France marque peut-être le début d’une nouvelle phase de la pandémie. Reste à savoir si la population et les autorités sont prêtes à y faire face.